Itw exclusive - Dominique Sévérac : « Monaco va vite connaître des trous d'air »

Publié par Arnaud LAPOINTE le 10 septembre 2013 à 19:59

Journaliste au Parisien depuis 11 ans, Dominique Sévérac se trouve actuellement en Biélorussie pour commenter le match des Bleus de ce mardi (21h). Pour Foot sur 7, il revient sur l'actualité de l'équipe de France, du PSG et raconte son parcours professionnel. Entretien.

Foot sur 7 - Vous avez assisté au match nul de l'équipe de France en Géorgie (0-0). L'inefficacité offensive des Bleus pourrait-elle les empêcher de décrocher la deuxième place de leur groupe, synonyme de barrage ?

Dominique Séverac - Je ne pense pas. Il leur faut a priori encore trois points pour s'assurer une place parmi les meilleurs deuxièmes. Mais même avec deux nuls contre la Biélorussie et le Finlande, cela pourrait passer. Mais bon, ne les encourageons pas à faire des nuls!

Face au Bélarus, ce mardi soir, Didier Deschamps doit-il impérativement retirer Karim Benzema de son onze de départ ?

Non. La plus grosse occasion ratée vendredi soir vient de Giroud, pas de Benzema. Que les Bleus relisent leur contrat : il n'est pas écrit que seul Benzema doit marquer. Tout le monde peut le faire. C'est un problème d'équipe, de collectif et de jeu. Ces joueurs-là, ceux de vendredi en tout cas, ne savent pas jouer ensemble.

« Il n'y a pas de remède miracle », a déclaré Didier Deschamps au sujet des carences offensives de son équipe. Selon vous, quelle serait l'animation offensive idéale pour que les Bleus retrouvent le chemin des filets ? Dans quel dispositif tactique ?

Personne n'a la solution malheureusement. Tentons un 4-2-3-1 avec Ribéry à gauche, Valbuena à droite et Ben Arfa en dix derrière Benzema. Je sais que cela peut paraître fou mais Ben Arfa et Benzema se connaissent par cœur techniquement. Cela se tente !

Supposons que la France accède à la phase finale du Mondial 2014. Que pourrait-elle espérer réaliser comme performance au Brésil, sachant que la compétition débutera dans seulement 9 mois ?

Rien. Un miracle. Un 8e de finale serait bien, un quart un miracle. Au-delà, il faudrait croire au Père Noël.

« Blanc a tout pour réussir au PSG »

Passons à l'actualité du PSG. Quel bilan tirez-vous du début de saison francilien ?

Il est très bon. 8 points en quatre matchs, c'est une moyenne de champion. Sans être prêt, le PSG reste la seule équipe invaincue avec Monaco. Pour que la saison bascule du bon côté, Paris se doit d'aller battre Bordeaux vendredi soir (match avancé de la 5e journée de Ligue 1, Ndlr).

Au poste d'entraîneur, Laurent Blanc est-il l'homme de la situation pour le club de la capitale ?

Oui. Sa relation avec les étrangers du PSG est excellente. Il aime que son équipe ait le ballon et les joueurs adorent ça. Il bénéficie de l'arrivée de « nouveaux » entraîneurs à Barcelone ou Manchester United. Il n'a pas à rougir de la comparaison avec eux. En Espagne et en Angleterre, personne ne pose de questions sur les compétences de Martino ou Moses. Comme je l'écrivais déjà à l'époque, son bilan en équipe de France est bon. Son effectif est meilleur que celui de Ancelotti. Il a tout pour réussir.

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A court ou moyen terme, Leonardo doit-il absolument être remplacé par une personnalité possédant un profil similaire au sien (polyglotte, réseau étendu, expert en matière de communication...) ?

Oui absolument. Il faut une pointure pour recruter et faire le lien entre l'effectif et la direction. C'est indispensable.

Monaco et Marseille sont-ils vraiment en mesure de concurrencer le PSG tout au long de la saison ? A l'inverse, Paris peut-il s'échapper rapidement sans que ses concurrents supposés ne le « revoient » ?

En Ligue 1, il sera dur de s'échapper. Ça va être serré jusqu'au bout. Monaco est euphorique en ce moment mais va vite connaître des trous d'air. C'est la logique d'une formation en construction. Marseille va souffrir en Ligue des champions et Gignac n'est pas un grand joueur. Or l'attaquant ou les attaquants font des différences essentielles. Il vaut mieux avoir Cavani, Ibra et Falcao, disons.

« Gignac n'est pas un grand joueur »

Racontez-nous un peu votre parcours de journaliste.

Une licence d'histoire, l'ESJ Paris, beaucoup de stages (Cahier du cinéma, France Soir, Figaro, Événement du jeudi….). J'ai décroché mon premier emploi à L'Humanité. Je suis ensuite devenu pigiste au JDD. Depuis 11 ans, je travaille au Parisien.

Vous travaillez au Parisien (presse écrite) et intervenez également sur L'Equipe 21 (télévision) et France Bleu 107.1 (radio). Parmi ces trois médias, lequel préférez-vous ?

Le Parisien est ma famille. C'est Le Parisien qui me permet d'intervenir à la télé ou à la radio. Je dois tout au Parisien. La télé et la radio sont des exercices différents, plus ludiques. L'ambiance y est excellente. Ce sont mes nouvelles familles aussi. J'ai plusieurs familles en fait. C'est sympa !

A quoi ressemble une journée-type de Dominique Sévérac ?

Des réunions pour commencer. Des coups de fil ensuite. De l'écriture en fin de journée. Mais ça change tous les jours, d'où le plaisir de ce métier.

En 2011, Les cahiers du football vous avaient reproché de faire la girouette. Qu'avez-vous à leur répondre ?

Rien de spécial. Chacun écrit, dit ce qu'il veut. Je me suis trompé parfois, j'ai mal fait certaines choses aussi mais, en l'occurrence, sur cet exemple précis, il n'y a aucune contradiction. Ce sont deux points de vue à un jour d'intervalle qui sont complètement compatibles. Cela fait 17 ans que je suis sur le terrain. Je suis allé partout en France, beaucoup en Europe. Je n'ai jamais croisé un journaliste des Cahiers du football en reportage. Critiquer le monde depuis sa fenêtre, c'est l'exercice le plus facile au monde. Tout le monde peut le faire.

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