PSG - A.Grandesso (La Gazzetta dello Sport): "Personne ne tiendra le rythme du PSG".

Publié le 20 août 2014 à 08:34

Du début de saison tonitruant de Javier Pastore au coup de tête de Brandao sur Thiago Motta, l'actualité du Paris Saint-Germain ne connaît aucun temps mort. A une dizaine de jours de la fermeture du mercato, le club de la capitale a encore la possibilité de se renforcer, mais aussi de voir certains éléments quitter le navire. Alessandro Grandesso, correspondant de la Gazzetta dello Sport à Paris, a accepté de nous faire un tour d’horizon de l’ensemble des événements récents au PSG, tout en revenant sur les objectifs européens du club.

"Brandao, c'est plus qu'une agression, c'est un guet-apens."

Sur le coup de folie de Brandao, samedi dernier au Parc des Princes, Alessandro Grandesso s'est étonné d'entendre certaines voix justifier l'acte du brésilien par les prétendues provocations et insultes de Thiago Motta sur le terrain. Aux yeux du journaliste, ce type de raisonnement est tout simplement irresponsable. "C’est hypocrite et tout à fait déplacé comme explication, surtout vu la disproportion de la réaction. Parce que ce n’est pas une réaction sur le terrain, mais hors du terrain, avec préméditation. En réalité, c’est bien plus qu’une agression, c’est un guet-apens." Si l'attitude de Thiago Motta a tant prêté à discussion, c'est que certains ont cru y voir une similitude avec les invectives de Marco Materazzi à l'encontre de Zinedine Zidane, provoquant le fameux coup de tête de ce dernier. Mais pour Alessandro Grandesso, qui condamne tous les types de violence, les deux cas ne peuvent être mis sur un même pied d'égalité.

"Je pense que les italiens n'ont pas le monopole des insultes."

"Je pense que les italiens n’ont pas le monopole des insultes, explique le journaliste, mais malheureusement, c’est la règle sur tous les terrains et dans tous les championnats. Mais cette logique de justifier un acte, un coup de boule, comme celui de Zidane ou de Brandao, est totalement ridicule et de mauvaise foi, parce qu’on justifie la violence en réponse à une insulte. Certes, l’insulte ne devrait pas exister, mais on ne vit pas dans un monde idéal. A la limite, l’acte de Zidane était sur le moment, sur le terrain, alors que Brandao, c’était en dehors du terrain, et puis il n’assume même pas puisqu’il s’est enfui."

"Pastore veut démontrer qu'au PSG il y a déjà un Di Maria, et que c'est lui."

Outre l'actualité brûlante autour de Brandao, le Paris Saint-Germain débute ce nouvel exercice sous la houlette d'un Javier Pastore totalement ressuscité. Véritable lieutenant de Zlatan Ibrahimovic, l'argentin regagne peu à peu l'admiration de ceux qui le critiquaient naguère, conquis par une confiance retrouvée et une aisance technique étalée à chaque rencontre. Pour le journaliste de la Gazzetta dello Sport, plusieurs éléments peuvent expliquer ce renouveau.

pastore

"Je pense que le fait qu’il n’ait pas fait partie de l’équipe nationale (ndlr : d’Argentine) lors d’une compétition importante comme la dernière Coupe du monde, et dans une équipe où il aurait pu avoir sa place, d’une façon ou d’une autre, peut-être pas comme titulaire, ça l’a poussé à s’engager un peu plus sur ses dernières années de contrat, analyse Alessandro Grandesso. En plus, il y a des rumeurs insistantes d’arrivée de Di Maria, qui viendrait sûrement priver Pastore de temps de jeu. Du coup j’ai comme l’impression que pour lui, il s’agit de démontrer qu’au PSG il y a déjà un Di Maria, et que c’est Pastore." Bénéficiant d'une liberté quasi-totale sur le terrain, l'argentin est particulièrement convaincant lorsqu'il est positionné en 10 derrière les deux attaquants. A ce poste, le journaliste italien estime que Pastore n'a pas d'équivalant aujourd'hui en Ligue 1. "Il faudra voir comment ça marche du côté de Marseille, avec les choix de Bielsa. Il pourrait placer certains joueurs en tant que 10. Le départ de Valbuena a aussi retiré une possibilité de comparaison avec ce rôle-là, mais c’est clair que si on parle de Pastore, à ce niveau-là et dans ce rôle-là, aujourd’hui il n’y a plus grand monde en France."

"Cavani n'est pas vraiment différent de celui qu'il était à Naples."

Critiqué pour ses prestations de la deuxième partie de saison 2013-2014, Edinson Cavani pourrait profiter de l'absence de Zlatan Ibrahimovic pour renouer durablement avec le chemin des filets. Pourtant, aux yeux d'Alessandro Grandesso, l'uruguayen est aussi efficace qu'à son époque napolitaine, mais il ne fait que payer son changement de situation au PSG. "Cavani n’est pas vraiment différent de celui qu’il était à Naples, explique-t-il, vu que l’année dernière il a quand-même marqué pas mal de buts. Je pense que la seule différence par rapport à Naples, c’est que là-bas il était au centre du projet, alors que maintenant il y a un certain Zlatan Ibrahimovic. Donc on ne peut pas lui demander les mêmes choses alors qu’il n’est pas dans les mêmes conditions.

Annoncé partant, Ezequiel Lavezzi reste ciblé principalement par Liverpool et la Juventus, de là à franchir le pas en quittant réellement le PSG ? "Il faut savoir que l’entourage du joueur, ses agents, sont en train de négocier une prolongation de contrat avec une revalorisation salariale, tempère le journaliste italien. Du coup, toute rumeur de possible départ doit être mise en perspective sur le fait qu’il y a aussi un travail qui est fait pour qu’il reste à Paris. Donc il ne faut pas absolument miser sur un départ, mais il ne faut pas l’exclure totalement non plus."

cavani micro

"En L1, aucune équipe ne peut mettre en difficulté la machine PSG."

Lorsqu'il s'agit d'évoquer les ambitions du club de la capitale, Alessandro Grandesso voit grand pour le Paris Saint-Germain. De son point de vue, les hommes de Laurent Blanc ont réellement la possibilité de franchir un cap en Ligue des Champions, en intégrant enfin le dernier carré. A ses yeux, le PSG a maintenant les épaules pour se frotter à une opposition plus relevée.

"Je pense qu’ils ont les moyens de faire mieux que l’année dernière, avec en plus un vécu et une expérience qui peuvent leur permettre de faire un meilleur parcours si jamais ils tombent sur des adversaires du même niveau. Il ne faut pas oublier que lors des deux dernières saisons en Champions League, ils ont pas mal été gâtés avec des adversaires qui n’étaient pas impossibles, surtout en phase de poules, rappelle-t-il. Mais l’année dernière, ils ont démontré qu’une fois qualifiés, ils auraient pu faire quelque-chose. Disons que le PSG a les moyens pour pouvoir espérer arriver au moins en demie-finale, après, qu’ils le fassent ou pas, c’est aussi une question de situation."

Au sujet du championnat de France, à la question de savoir si le titre pourrait échapper au PSG, le journaliste de la Gazzetta dello Sport est catégorique : "Non, à moins que le PSG n’explose en cours de saison. Mais je pense qu’au niveau des qualités de l’effectif, de la technique, de la tactique, la machine du Paris Saint-Germain ne peut absolument pas être mise en difficulté par les autres équipes. Certaines équipes feront une bonne première partie de saison, voire une bonne deuxième partie de saison, mais ne tiendront probablement pas le rythme du Paris Saint-Germain, et c’est ça qui fera la différence à la fin."

- Propos recueillis par Hakim Maludi

- rédacteur en chef de Foot-sur7

Par Hakim Maludi

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