PSG : Thiago Silva, la fin d'un mythe ?

Comme un monstre finalement apprivoisé, domestiqué par les événements, qui auront fait tomber son masque de terreur pour laisser apparaître une sensibilité bien humaine, voire trop humaine. En étalant ses états d'âmes dans la presse, entre amertume et tristesse, l'ancien chef de meute des auriverde a une nouvelle fois fait montre de ses faiblesses mentales criantes, une fois de plus, peut-être la fois de trop.

La déchéance nationale

Relégué sur le banc des remplaçants, déchu de son capitanat, et recadré publiquement par Dunga, Thiago Silva aura connu une trêve internationale des plus mouvementées pour son retour avec la Seleçao. Écrasé par l’irrésistible ascension d'un Neymar devenu le nouveau patron de la sélection brésilienne, le défenseur, qui n'a jamais eu à se battre pour gagner sa place, vit mal cette passation de pouvoir aussi brutale que justifiée. Soucieux de donner un nouveau souffle à un Brésil déconcertant de nullité lors de sa Coupe du Monde, Dunga a décidé de passer le flambeau aux forces d'avenir de la sélection, tout en laissant en retrait un Thiago Silva qui, s'il n'est pas encore à ranger sur l'étagère des antiquités, symbolise encore par excellence, et à outrance, le visage de la honte subie par toute une nation l'été dernier : Le bouc-émissaire parfait !

La hiérarchie bouleversée au PSG ?

Thiago Silva, le capitaine qui s'éfondre

Et en club alors ? Qu'en est-il du capitaine d'un Paris Saint-Germain avec lequel il n'a plus livré de prestation digne d'un défenseur de son standing depuis belle lurette ? Quid du brassard ? Thiago Motta, Zlatan Ibrahimovic, ou même Salvatore Sirigu ne seraient-ils pas plus légitimes ? Autant de questions qui ont commencé à bourgeonner au moment où "O Monstro" flanchait sous la pression, les genoux à terre, en larmes comme une veuve éplorée lors de la séance de tirs aux buts face au Chili. C'était lors du huitième de finale du Mondial brésilien, c'était cet été, mais dans les esprits, ça n'était encore qu'hier. Sur le flanc pendant 9 semaines, le PSG n'a pu pleinement profiter du génie d'un joueur remplacé à merveille par un Marquinhos que Nasser Al-Khelaïfi aura eu la présence d'esprit de retenir à Paris, malgré les jeux de séduction estivaux du Barça. De là à bouleverser la hiérarchie défensive dès cette saison ? Pas si sûr. D'une part, la logique des sommes investies et des transferts effectués voudrait que la charnière David Luiz - Thiago Silva soit alignée, incontestée et incontestable, histoire de donner un sens aux efforts consentis par QSI. D'autre part, et malgré son immense talent, Marquinhos est encore loin de l'expérience et des qualités de son compatriote, à un poste où l'on se bonifie avec l'âge... en général.

Une réaction d'orgueil annoncée ?

Critiqué, traîné dans la boue, raillé, c'est un Thiago Silva, à la communication toujours un peu bancale, qui a perdu de sa superbe qui a rejoint ses coéquipiers pour préparer le déplacement de demain soir à Metz. Comme après le Mondial, le brésilien retrouve le PSG plein de questions, de doutes, de convictions remises en cause. Si une réaction était attendue en club en début de saison, le défenseur aura été fauché en plein vol à Naples, blessé dans une rencontre sans enjeu et durablement écarté des terrains. Aujourd'hui, on attend de voir "O Monstro" sortir de sa léthargie, surgir avec fracas de sa tanière pour briser les lignes ennemies, à l'image de sa percée vengeresse face à l'OM, celle par laquelle est venu le premier but, salvateur et libérateur.

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Si tout lui était acquis, le brassard comme sa place sur le terrain, Thiago Silva sait désormais qu'il lui faudra, comme le commun des mortels, faire ses preuves et fournir les efforts nécessaires pour convaincre un Dunga résolument tourné vers l'avenir de la Seleçao. Sous les couleurs du PSG, le brésilien ne devra pas laisser un seul instant le doute s'installer dans l'esprit de Laurent Blanc. Plus du tout concerné en deuxième partie de saison dernière, la tête déjà au Mondial, le capitaine parisien avait cristallisé les critiques sur son manque d'implication flagrant, sans jamais parvenir à remettre les pendules à l'heure jusqu'à ce jour.

Alors que le titre honorifique de meilleur défenseur du monde lui est désormais contesté, il s'agit, pour le monstre parisien, de susciter à nouveau l'effroi dans les coeurs de ses adversaires, de faire étalage de sa classe et de son aisance technique, en somme, mettre tous ces ingrédients qui feront taire les critiques, et laisseront le monde constater que même blessée, la bête est bien loin d'être morte.




Par Hakim Maludi
Publié le 20 novembre 2014 à 10:51 | mis à jour le 20 novembre 2014 à 10:51

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