PSG : Quel successeur pour Laurent Blanc ?

Publié le 25 janvier 2015 à 09:56

Si Nasser Al-Khelaïfi lui a maintenu sa confiance, Laurent Blanc devrait, sauf moult trophées salvateurs héroïquement conquis, quitter le Paris Saint-Germain en fin de saison. En froid avec certains joueurs, et incapable de donner un nouveau souffle à son équipe depuis la débâcle à Stamford Bridge en avril dernier, l'entraîneur d'un PSG pourtant encore engagé sur tous les tableaux est plus que jamais sur le départ.

Afin de ne pas revivre l'épisode post-Ancelotti, qui avait donné lieu à un flottement inquiétant au sein du club, avec pour conséquence directe la nomination d'un Laurent Blanc loin d'être un premier choix pour les décideurs Parisiens, ces derniers ont cette fois-ci tenu à prendre les devants. Ainsi, depuis plusieurs mois déjà, des contacts ont été noués avec des candidats potentiels à la succession du Cévenol sur le banc du PSG. Tour d'horizon des prétendants au poste pour l'été 2015.

Diego Simeone, la priorité et le grand favori

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Favori de l'état-major du PSG, Diego Simeone l'est aussi d'une grande partie des supporters du club de la capitale, d'ores et déjà adeptes de son style : Élégant et raffiné, gueulard et en mouvement perpétuel sur son banc de touche, l'Argentin est l'opposé par excellence d'un Laurent Blanc trop souvent jugé spectateur des événements, sans charisme, et ne suscitant pas spécialement la sympathie. Accusé de prôner un jeu ultra-défensif à l'Atlético, un Simeone à la tête d'un PSG cinq étoiles serait forcément amené à revoir ses ambitions à la hausse en terme de jeu et de spectacle... peut-être.

Pour tenter de convaincre l'entraîneur Argentin, très attaché à l'Atletico Madrid, les dirigeants Parisiens ont, d'après plusieurs sources espagnoles, pris contact avec celui qu'on surnomme El Cholo depuis la fin de l'année 2014. Si Diego Simeone semblait un temps ouvert à un départ de la capitale espagnole, son discours a évolué au fil des mois. Alors que des rumeurs faisaient état d'une pause de l'Argentin dans sa carrière, et d'une année sabbatique à partir de l'été 2015, ces bruits ont vite été démentis par l'adjoint de l'entraîneur, qui assurait que son compère resterait en activité la saison prochaine. Mais où donc ? Souvent évasif sur son avenir, El Cholo s'est voulu de plus en plus explicite au sujet de son intention... de poursuivre avec les Colchoneros : "Si le club continue d'évoluer, je ne quitterai pas l'Atlético, déclarait ainsi le technicien cette semaine. Grâce à ce que nous avons fait la saison dernière, beaucoup d'équipes sont motivés à l'idée de se battre face aux grandes équipes. Je constate que le club est dans une dynamique de progression."

Pour continuer à évoluer, l'Atlético Madrid pourra désormais compter sur un nouvel investisseur chinois, qui s'est offert 20% du capital du club madrilène pour 45 millions d’euros. Pour le président du club, Enrique Cerezo, il est impensable, dans ces conditions, que son entraîneur quitte le navire en faveur du Paris Saint-Germain l'été prochain : "Il reste trois ans à Simeone dans le contrat qu'il a signé, déclarait-il sur Radio Marca. C'est un homme d'honneur, qui tient ses promesses. Nous allons garder « Cholo » encore longtemps."

Dans ce contexte, et si Diego Simeone, de l'aveu notamment de Daniel Riolo (RMC) et des médias Italiens (Sky Sport) fait bel et bien figure de priorité pour le Paris Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi devra réussir un tour de force herculéen pour obtenir les faveurs du technicien Argentin.

Probabilité : 70%

Roberto Mancini, l'alternative

Roberto Mancini Inter Milan

 

Son nom a déjà été évoqué à plusieurs reprises pour prendre la succession de Laurent Blanc, en cours d'exercice, mais le timing a toujours semblé empêcher son arrivée. Champion d'Angleterre 2011 / 2012 avec Manchester City, le technicien Italien connaît un passage à vide avec une expérience non concluante à Galatasaray. Mais il rebondit en novembre 2014, lorsque les dirigeants de l'Inter Milan font appel à lui pour redonner vie au club décroché au classement.

Malgré cette nomination qui, en principe, rend impossible tout mouvement de l'Italien 6 mois seulement après avoir pris la tête de l'Inter, il ne cesse d'être annoncé du côté du PSG pour l'été prochain. Tuttosport croit même savoir qu'il serait la solution de repli numéro 1 du club de la capitale en cas d'échec sur le dossier Diego Simeone. Pour RMC, Roberto Mancini dispose même d'une clause, dans son contrat le lien à l'Inter Milan, qui lui permettrait de rejoindre le PSG en cas d'offre de Nasser Al-Khelaïfi.

Parmi les points non négligeables pouvant jouer en faveur de cette piste, Mancini est bien connu de Zlatan Ibrahimovic, qu'il a eu sous ses ordres lors de son premier passage à l'Inter entre 2004 et 2008. Reste désormais à savoir si l'influence du suédois pourra s'exercer sur ce dossier, alors que l'attaquant affiche un état de forme déclinant, et que les dirigeants, ainsi que le futur entraîneur, pourraient être tentés de bâtir le nouveau PSG autour d'un autre joueur phare.

Probabilité : 50 %

Fabio Capello, la grande inconnue...

Capello

Dans la short-list du PSG pour prendre la succession de Carlo Ancelotti à l'été 2013, Fabio Capello n'avait pu se libérer de ses fonctions de sélectionneur national de l'équipe de Russie. Mais si nous avons choisi d'intégrer l'Italien à cette liste de successeurs potentiels à Laurent Blanc, c'est que sa situation n'est plus aussi claire qu'elle a pu l'être à la tête de la sélection, et qu'un départ peut sérieusement être envisagé aujourd'hui.

Sélectionneur le mieux payé du monde, avec 11,2M€ par an, Fabio Capello ne touche, en réalité, plus de salaire depuis plus de 6 mois. Une situation qui a amené Michel Platini à réagir, en début de semaine, pour demander à la fédération Russe de régler sa dette envers l'Italien : "Capello n'a jamais émis aucune plainte, mais je pense que ce n'est pas correct que la Fédération russe ne paye pas son salaire, a ainsi déclaré le président de l'UEFA. Cela donne une mauvaise image au football russe avant la Coupe du monde 2018. Il faut que la Fédération résolve ce problème."

C'est dans le cadre de ce quiproquo que le nom de l'Italien a été associé au Paris Saint-Germain, toujours en quête d'un entraîneur de renom pour redonner vie à un projet qui a perdu en lisibilité cette saison. Si Capello avait pour ambition de mener la Russie jusqu'à la Coupe du Monde 2018, qui aura lieu au pays, il n'est pas impossible de voir le technicien perdre patience face aux soucis financiers de la Fédération, qui impactent donc directement son salaire.

Pour autant, il reste à savoir si l'entraîneur Italien, âgé aujourd'hui de 68 ans, serait prêt à relever un défi de l'ampleur du projet d'un Paris Saint-Germain qui, de son côté, ne refuserait ni l'expérience, ni la compétence de celui qui est passé par bien des clubs de renom à l'échelle mondiale.

Probabilité : 40%

Antonio Conte, la piste improbable

conte

Son nom a été associé au Paris Saint-Germain à la fin du mercato estival, alors que l'ancien entraîneur de la Juve était en conflit avec la fédération italienne de football. Grand artisan du renouveau de la Juventus de Turin entre 2011 et 2014, le technicien a été nommé l'été dernier à la tête de la Squadra Azzura, avec pour objectif la qualification de la sélection à l'Euro 2016, où l'Italie sera priée de faire bonne figure.

Dans ces conditions, il est difficile, voire impossible d'imaginer comment Conte pourrait s'engager en faveur du Paris Saint-Germain, et pourtant, les rumeurs n'ont jamais vraiment cessé quant aux chances de le voir débarquer du côté de la capitale. Un contrat de quatre ans ainsi qu'un salaire annuel de 7M€ a même été évoqué, au moment où l'Italien et la Fédération voyaient leurs discussions achopper sur des questions économiques. Utiliser le PSG pour faire monter la pression sur les instances Italiennes du football ? C'est vraisemblablement la stratégie qui aura été adoptée par la presse transalpine, et qui aura valu un démenti Parisien par le biais de sa succursale médiatique, beIN Sports : "Selon nos sources et après renseignements auprès du club, cette information est fausse. Il n’est pas question de remplacer l’entraîneur parisien et aucune offre n’a été faite à l’ancien coach de la Juventus Turin."

Aujourd'hui, l'hypothèse de voir Antonio Conte prendre la succession de Laurent Blanc à l'été prochain est quasi-nulle. Mais...

Probabilité : 20 %

 

Leonardo, le père du projet

leonardo le lobbyiste selon maradona

On dit qu'il n'a jamais vraiment quitté le club, et qu'il a toujours l'oreille de Nasser Al-Khelaïfi, le président du Paris Saint-Germain. Leonardo, grand initiateur du projet de QSI dans la capitale, rêve d'un retour dans le monde du football en tant qu'entraîneur, ou plus précisément, dans la peau d'un manager à l'anglaise.

Depuis son départ de Paris, à l'été 2013, son nom est sans cesse revenu, soit pour reprendre son poste de directeur sportif laissé vacant, soit pour venir à la rescousse de l'équipe en lieu et place d'un Laurent Blanc dans une position bien souvent chancelante. S'il connaît par coeur tous les joueurs de l'effectif francilien, qu'il aura lui-même fait venir au Paris Saint-Germain, Leonardo reste un jeune entraîneur, qui a encore tout à prouver à ce poste, alors que le club cherche un poids lourd mondial pour mener à bien ses rêves de grandeur.

Entraîneur du Milan AC, puis de l'Inter Milan, entre 2007 et 2011, Leonardo remporte la Coupe d'Italie avec les intéristes, quelques semaines avant d'être nommé directeur sportif du PSG par les nouveaux investisseurs Qataris. Si son retour, en tant qu'entraîneur, a été pressenti durant la première partie de saison, au moment où Laurent Blanc éprouvait les pires difficultés à lancer véritablement la saison du club, c'est dans son ancien costume de directeur sportif que l'italo-brésilien est le plus régulièrement annoncé pour l'été 2015. Cependant, il y a fort à parier qu'en cas de difficultés pour le PSG à attirer un entraîneur de renom, Nasser Al-Khelaïfi n'hésiterait pas à faire appel à Leonardo pour prendre la tête de l'équipe.

Probabilité : 10%

Si Pellegrini (Manchester City) et Rafael Benitez (Napoli) peuvent également prétendre à figurer dans cette liste de cibles potentielles à la succession de Laurent Blanc, il ne fait aucun doute que les dirigeants Parisiens sont décidés à s'offrir un grand nom du football mondial à l'été 2015. Car si le français aura, l'espace de quelques mois, réussi à faire oublier Carlo Ancelotti du côté du PSG, son parcours européen, et sa première partie de saison 2014 / 2015, ont convaincu les propriétaires Qataris qu'il était venu le temps de se doter d'un entraîneur d'une toute autre envergure pour mener à bien ce projet qui leur est si cher.

Pour l'heure, Laurent Blanc, s'il ne se fait aucune illusion sur son avenir, s'évertue à remplir les objectifs qui lui ont été fixés par sa hiérarchie, en espérant secrètement laisser un héritage des plus glorieux à son successeur. S'il est nommé assez tôt, l'heureux élu aura alors tout le loisir et la latitude nécessaires pour dicter ses choix et ses préférences au sujet d'un effectif au sein duquel un tri minutieux apparaît comme inévitable.

Par Hakim Maludi

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