Toulouse FC : Retour sur le maintien historique en 2015/2016

Mal en point au possible, le Toulouse FC se maintient grâce à un sprint final extraordinaire Publié par Clément le 16 mai 2020 à 05:10

La saison 2015/2016 de Ligue 1 a vu Toulouse se maintenir en Ligue 1, pour ce qui constitue l'un des maintiens les plus improbables de l'histoire. Retour quatre ans en arrière.

Dupraz à Toulouse, effet immédiat

Lorsque Pascal Dupraz prend les rennes d'un TFC qui vient d'enchaîner une énième contre-performance, les chances de maintien sont plus infimes que jamais. Après la défaite face à Rennes, les Violets, 19e, ont 10 points de retard sur Reims, 17e avec 32 points. Dominique Arribagé est remercié, Pascal Dupraz est intronisé en tant qu'entraîneur principal. Quelques jours après avoir signé, le nouveau coach, victime d'un malaise, doit être hospitalisé et manquera le déplacement à Marseille. Son adjoint, Mickaël Debève, prend la relève. Ses hommes ouvrent le score au Vélodrome, mais concèdent l'égalisation à quinze minutes de la fin, 1-1 score final. L'heure a sonné, Pascal Dupraz semble avoir réveillé un moral jusque là au fin fond des chaussettes.

Dès le week-end suivant, le TFC, regonflé à bloc, n'a besoin que de 5 minutes pour ouvrir le score dans le derby de la Garonne grâce à Wissam Ben Yedder. Les Toulousains vont même faire voler Bordeaux en éclats, et leur infliger un score de 4-0. À huit journées du terme, le TFC revient à sept points de Reims, et on se dit qu'un miracle est alors peut-être envisageable.

Sur courant alternatif

La journée suivante, Toulouse a rendez-vous à Lille, un candidat pour l'Europe, mais la domination des Violets ne se concrétise pas, ils perdent 1-0. Toulouse réagit rapidement. Caen, alors 6e, est la nouvelle proie du club de la Ville Rose et subit une défaite 2-0 au Stadium. Il ne reste que six journées, et en seulement quatre rencontres, Pascal Dupraz a rattrapé la moitié du retard. En effet, dans le même temps, Reims perd 3-1 à Rennes et ne compte plus que 4 points d'avance sur le Téfécé.

Survoltés, les Toulousains ne font qu'une bouchée de Bastia le week-end suivant et gagnent à nouveau par 4-0, Wissam Ben Yedder signe un nouveau doublé. Excès de confiance ou besoin d'un second souffle, nul ne le sait mais le TFC enchaîne par la suite 3 matchs sans victoire après un match nul à Lorient, à Saint-Etienne et un revers face à Lyon. À l'issue de la 36e journée, Toulouse n'est plus qu'à 3 points du premier non-relégable, bien aidé par les contre-performances de Reims et du Gazélec, ses concurrents directs.

"C'est pas demain... C'était pas hier... C'est maintenant !"

Pour la première fois depuis la 10e journée, Toulouse n'est plus relégable à l'issue de sa difficile victoire contre la lanterne rouge troyenne, 1-0. Mais la dernière journée s'annonce décisive. Les Violets comptent 37 points, autant que Reims, et le Gazélec, en a 36, seule une de ses trois équipes sera sauvée.

En avant-match, Pascal Dupraz est l'auteur d'un discours d'anthologie et galvanise ses troupes, qui se déplacent à Angers. La victoire est impérative. Une condition est imposée : ne pas regarder son téléphone. Avoir confiance en soi, en son destin. Et heureusement que les joueurs de Toulouse n'ont pas été tenus au courant des événements sur les autres pelouse, car l'histoire n'aurait sans doute pas été la même. À la mi-temps, ils sont menés 1-0 par Angers après avour raté un penalty tandis que Reims surclasse l'OL 2-0 à Delaune. Il reste 45 minutes au Téfécé pour renverser la situation et gagner le match.

Mais rien ne va dans leur sens, puisque Letellier, héroïque, repousse les multiples assauts toulousains. Dans le même temps, Reims a ajouté 2 buts et mène 4-0 face à Lyon. Mais à l'heure de jeu, Ben Yedder, bien servi par Trejo, trouve la faille et égalise. 1-1, 30 minutes à jouer. Cependant, les espoirs sont vite douchés par une frappe lobée somptueuse de Saïd Benrahma trois minutes plus tard et qui redonne l'avantage au SCO. Tout est à refaire. Il ne reste qu'une petite demi-heure au chronomètre. 78e minute à Jean-Bouin, Martin Braithwaite reprend victorieusement un centre et remet les compteurs à égalité, 2-2. Il va rester une quinzaine de minutes, Toulouse se rue à l'attaque. Quelques minutes plus tôt, Pascal Dupraz confiait à son banc : "Le petit Bodiger (alors encore sur le banc), je le sens bien avec son pied gauche..." Et comme un signe du destin, à la 80e minute, Toulouse obtient un coup-franc excentré sur le côté droit. Ce même Yann Bodiger s'élance, enroule le ballon de son pied gauche. Celui-ci contourne le mur, effleure les gants de Letellier... et rentre ! Le banc, les joueurs explosent de joie ! Treize minutes plus tard, Fredy Fautrel fait retentir les 3 coups de sifflet finaux. Toulouse, au terme d'un sprint final incroyable, est maintenu ! Les joueurs, le staff, la ville sont en liesse !

Afficher les commentaires