Stade Rennais : L'Italie scandalisée par le match de Krasnodar

Les images des spectateurs serrés en tribune lors de Stade Rennais - Krasnodar ont atterré l'Italie. Publié le 23 octobre 2020 à 17:00

Le Stade Rennais a été tenu en échec pour son entrée en lice historique en Ligue des champions, mardi, par les Russes de Krasnodar (1-1). Malgré un bon match, le SRFC n'a su décrocher la victoire devant ses supporters, qui étaient 5 000 à avoir été autorisés à prendre place dans les tribunes du Roazhon Park.

"Une bombe biologique" au Stade Rennais

C'est un moment historique qu'ont vécu les supporters du Stade Rennais, mardi, à l'occasion du tout premier match des Rouge et Noir en Ligue des champions. Face aux Russes du Krasnodar, les hommes de Julien Stéphan ont été tenus en échec (1-1), malgré la pression mise sur le terrain par les joueurs et par les fans dans les tribunes du Roazhon Park. Pour l'occasion, la préfecture avait autorisé 5 000 supporters à prendre place dans les travées de l'enceinte rennaise, alors que dans un premier temps la jauge était limitée à 1 000 personnes en raison des réglementations sanitaires sur les regroupements liées à la crise sanitaire du coronavirus. Contre Angers SCO, ce vendredi soir, ils seront de nouveau 5 000 alors la métropole bretonne passera sous couvre-feu, comme de nombreux autres villes et départements, à minuit.

Mais, en Italie, on s'est montré particulièrement étonné puis scandalisé des images des supporters rennais massés dans les travées du Roazhon Park. Il faut dire que le Stade Rennais, probablement en raison des coûts d'exploitation et de la volonté d'offrir une ambiance visuelle et sonore de qualité aux diffuseurs et spectateurs, n'ouvre qu'une partie de ses tribunes. Résultat, le kop du RCK, placé historiquement au bas de la tribune Mordelles, était quasiment plein, de même que la partie basse de la tribune Super U. Ainsi, Walter Ricciardi, un conseiller du ministre italien de la santé Roberto Speranza, craint une "bombe biologique" qui pourrait faire de gros dégâts à Rennes dans les jours et semaines à venir. "Rennes a joué dans un stade ouvert aux spectateurs, cela pourrait être une bombe biologique pour la ville, s'est inquiété Walter Ricciardi au micro de Punto Nuovo. On espère que cela ne sera pas aussi létal que le match Atalanta - Valence."

L'Italie choquée, Holveck se veut rassurant

Les spécialistes italiens de la pandémie de Covid-19, qui a très durement touché le pays et notamment Milan, Bergame et la Lombardie, ont en effet considéré que le match de Ligue des champions disputé le 29 février entre l'Atalanta et l'équipe espagnole de Valence a entraîné un très grand nombre de contaminations, avec des conséquences terribles et meurtrières. "Je pense que ce match a joué un rôle important. Un tiers de la population de Bergame s'est concentrée dans un stade (à San Siro, antre de l'AC Milan et de l'Inter, ndlr) et a fait la fête. Ce n'est pas un hasard si Bergame est la zone la plus touchée et ça n'est pas un hasard si les Valenciens qui sont passés de l'Italie à l'Espagne ont fait office de transmetteurs dans leur pays", a ajouté le conseiller du ministre de la santé, craignant le même phénomène après le match du Stade Rennais.

Le président du SRFC, Nicolas Holveck, avait tenté d'anticiper ces critiques, en assurant avant le match qu'il n'y avait aucun risque, dans les colonnes de Ouest-France. "Personne mieux qu'un club de foot ne peut tracer les gens qui viennent au stade. On sait exactement qui est assis à quelle place et qui est assis autour de lui. Les supporters vont à leur place, ils ne touchent rien, puisque c'est nous qui pulvérisons le gel hydroalcoolique. Le port du masque est obligatoire, on est à ciel ouvert. À la fin du match, on les fait sortir par bloc. Il y a un seul flux sortant, pas de croisement. Je reste convaincu qu’un stade n’est pas du tout propice à un cluster", a expliqué le président du Stade Rennais. Cependant, les images ont bien montré que le port du masque n'avait pas vraiment été respecté, les supporters donnant de la voix sans grande précaution pour soutenir leur équipe. Les jours à venir diront qui du président rennais ou du gouvernement italien avait raison.





Par Matthieu

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