MLS : Thierry Henry rendu fou par ses joueurs à Montréal

À Montréal, Thierry Henry a du mal à accepter le niveau de ses joueurs. Publié le 28 octobre 2020 à 17:05

Thierry Henry, un apprentissage difficile

Voilà près d'un an que Thierry Henry a rejoint la MLS, la Major League Soccer, le championnat nord-américain de football, en s'engageant sur le banc de l'Impact de Montréal. Après des débuts en tant qu'entraîneur calamiteux avec l'AS Monaco où, arrivé en cours de saison dans un contexte particulier, il n'avait tenu que trois mois pour quelques défaites retentissantes, l'ancien Gunner a décidé de continuer sa formation du côté du Canada. Cette première saison sur le banc montréalais est loin d'être simple pour le meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France : la crise sanitaire a, comme ailleurs, provoqué la suspension du championnat, avant la tenue d'un tournoi de reprise, cet été à Orlando, dans une bulle similaire à celle créée pour la NBA. Mais Thierry Henry a bien des difficultés à tirer quelque chose de son équipe, qui glisse inexorablement faire les tréfonds de la conférence Est.

Cette année de MLS devait être une année de transition pour l'Impact, comme le club montréalais en connait trop souvent ces dernières saisons. Mais force est de constater que plus la saison avance, moins Montréal se montre convaincant. S'il y a bien eu quelques signes d'amélioration dans le jeu, les résultats ne suivent pas et les Québécois se retrouvent 10es sur 14 équipes dans la conférence Est, à un rang de perdre leur place qualificative pour les play-offs de fin de saison. Pour sa défense, Thierry Henry a hérité d'un effectif bancal et au niveau très discutable et on revoit, petit à petit, le Henry de Monaco, constamment énervé par le niveau de ses joueurs, avec qui il se montre de moins en moins patient. Déjà, il y a quelques semaines, Jean-Yves Ballou Tabla, l'ex-pépite québécoise à jamais en devenir, avait fait les frais de sa nonchalance. "Ballou ! Pourquoi t'es entré ?", lui avait hurlé Thierry Henry en voyant son apathie.

Des joueurs pas au niveau

Dans la nuit de mardi à mercredi, l'Impact Montréal défiait Nashville, nouveau venu en MLS, chez lui, c'est-à-dire sur la pelouse des New York Red Bulls, dans le New Jersey, lieu où le club québécois a élu domicile pour la fin de saison. Les Canadiens se sont inclinés sur la plus petite des marges (0-1), leur quatrième défaite sur les cinq derniers matches, et ont livré une nouvelle prestation insipide. De quoi mettre en rage Thierry Henry, qui a fustigé ses joueurs une bonne partie du match. Bien vu de la part de la MLS, qui avait placé une caméra sur l'entraîneur montréalais. Florilège : "Tu peux la passer en une touche ? Alors pourquoi tu ne le fais pas ?", s'est écrié Henry à l'encontre de Shamit Shome ; "Tu sais qu'il est là... On joue en une, deux ! Pas une, deux, trois...!" ; "N'accuse personne d'autre ! Tu t'es tourné dans le mauvais sens ! Si tu l'avais bien fait, tu aurais vu des joueurs disponibles !" ; "Shamit, peux-tu passer derrière lui ? Pas devant lui, ça n'est pas du football là, c'est de la course à pied !" ; "Au sol ! Joue au sol, c'est une passe facile !" Le tout avec un langage corporel qui ne laisse pas vraiment de place au doute !

En conférence de presse d'après match, Thierry Henry a encore un peu taillé ses joueurs, souvent à raison : "On ne tire pas. On ne centre pas. Il y a une balle dans la surface, ils ne tirent pas. L’autre équipe tire de partout. Forcément, il va y avoir un peu plus de frappes. Nous, on ne tire pas. On ne centre pas. On ne cadre pas." Thierry Henry a également pesté contre les erreurs défensives, des "erreurs de débutants" selon lui, dont les joueurs de Montréal sont trop souvent coupables. "On a encore regardé des vidéos ce matin. Et hier. Et avant-hier. Et la journée d’avant… Et ils regardent encore le ballon, mais ils ne regardent pas les autres courir", s'est désespéré l'ancien buteur des New York Red Bulls. À ce rythme, l'aventure avec l'Impact de Montréal pourrait tourner court avant que Thierry Henry ne devienne définitivement fou.





Par Matthieu

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