On va les tuer ! : Le foot européen vit dans la crainte

Foot européen : les coaches comme Klopp et Guardiola s'inquiètent de la récurrence des blessures. Publié le 09 novembre 2020 à 17:00

Le foot européen est gangrené par les blessures cette saison, la faute à une préparation tronquée et un calendrier ramassé pour faire face au retard pris à cause de la pandémie de Covid-19. Mais face à l'avalanche d'absences, les plus grands entraîneurs, dont Jürgen Klopp ou Pep Guardiola, tirent la sonnette d'alarme.

Le foot européen gangrené par les blessures

Le monde du foot européen a une vieille rengaine : la lourdeur du calendrier des compétitions. Une critique souvent faite à juste titre mais, cette saison, le rythme effréné subi, plus que vécu, par les clubs de l'élite inquiète de plus en plus. Les entraîneurs des plus grandes équipes d'Europe prennent tour à tour la parole pour exprimer inquiétude et mécontentement face à la liste des blessés qui s'allonge dans leur effectif. Après le nul lors du choc de Premier League entre Manchester City et Liverpool (1-1), Jürgen Klopp, l'entraîneur des Reds, a poussé un coup de gueule contre l'organisation du championnat. "Une équipe qui joue mercredi soir ne devrait pas jouer son match suivant le samedi midi. Ce n'est pas possible, Tottenham a joué jeudi soir à Ludogorets et a joué dimanche à midi. Jouez samedi ou dimanche d'accord, mais pas à midi !"

Ce qui inquiète Jürgen Klopp, comme tous ses confrères du foot européen, c'est la santé des joueurs. "Vous vous réveillez et vous jouez, a résumé le coach de Liverpool. Une vraie phase de récupération est indispensable. La Premier League doit résoudre ce problème, ce n'est pas possible autrement." Julien Stéphan, l'entraîneur du Stade Rennais, engagé cette année en Ligue des champions, expliquait lui aussi chercher "la meilleure manière de protéger les joueurs. Le calendrier est ramassé, cela pèse sur les organismes". Mais le technicien allemand des Reds va plus loin et s'exclame : "Vous tuez les joueurs !" Une phrase qui fait écho à celle prononcée par un autre coach allemand, Thomas Tuchel. "On va tuer les joueurs, je l'ai toujours dit", avait déclaré le tacticien du PSG avant le match contre FC Nantes, il y a une semaine (3-0).

Les entraîneurs sonnent l'alarme

"On prend toujours des risques, avait ajouté Tuchel. On joue tous les trois jours, le risque est présent. Il y a une corrélation entre préparation, repos et performance. Les meilleurs joueurs vont en sélection, font des voyages, jouent tous les trois jours, c'est difficile pour eux. Ça joue sur les performances et les blessures." L'entraîneur parisien avait alors décrit la semaine standard de ses joueurs. "Il faut trouver des solutions : nous sommes rentrés dans la nuit jeudi, aujourd'hui c'est le deuxième jour après un match, un jour très risqué pour les blessures alors on ne fait presque rien à l'entraînement, puis on prend l'avion et on joue en Ligue 1", avait raconté Tuchel. Le PSG est très concerné par les blessures, avec celles de Neymar, Mbappé, Icardi, Verratti, Kehrer, Draxler... "Tous les joueurs sont fragiles, avait-il tonné. C'est pareil partout dans le foot européen, au PSG comme pour Liverpool, Manchester City, le Bayern..."

Manchester City, où Pep Guardiola a lui aussi poussé un coup de gueule après son nul contre l'équipe de Jürgen Klopp. Le coach espagnol s'est plaint de la décision de la Fédération de revenir à trois changements, alors que cinq étaient autorisés depuis la reprise post-confinement. "Alexander-Arnold, international anglais, est blessé. Partout dans le monde il y a cinq changements, mais ici on se croit différent, nous n'avons le droit qu'à trois changements. Nous ne protégeons pas les joueurs", a pesté Guardiola. La Premier League a enregistré, les deux derniers mois, 42% de blessures musculaires supplémentaires. Tout le foot européen est touché. En Espagne, le nombre de blessures à augmenté de 30% cette saison. L'ajustement des calendriers en raison de la pandémie a entraîné un rythme intenable et nous ne sommes pas encore à la mi-novembre. La seconde partie de saison et l'Euro qui doit se jouer cet été risquent de provoquer une véritable hécatombe, si ce n'est déjà la cas.





Par Matthieu