L'ASSE a accusé de grosses difficultés financières ces derniers mois, comme en a témoigné un mercato hivernal plutôt frileux et difficile à boucler. Les caisses du club étaient vides et il fallait absolument réaliser des ventes lors des différentes périodes de mercato et dégraisser l'effectif. L'AS Saint-Etienne a réalisé d'énormes plus-values sur le marché des transferts ces dernières saisons, pourtant, chez les Verts, la situation économique semble toujours aussi compliquée. Les prolongations sont difficiles à boucler, comme celle du milieu offensif Romain Hamouma, et la fin de saison s'annonce très difficile dans le Forez. Alors, où passe l'argent stéphanois ?

À l'ASSE, une situation économique catastrophique

À son arrivée à l'ASSE, il y a près d'un an et demi maintenant, Claude Puel a trouvé un club et une équipe dans une situation plus que délicate. L'entraîneur stéphanois déclarait, il y a quelques semaines : "Le club allait dans le mur. Il s'était beaucoup endetté pour suivre un schéma qui avait vécu. Mon boulot, ce n'est pas de dire si ce qui a été fait est bien ou pas bien, mais d'établir un constat et de faire une projection. J'ai construit un nouveau projet pour le club, pas pour moi." Des difficultés économiques qui auraient notamment été provoquées par les gros contrats proposés à ses recrues par le prédécesseur de Claude Puel, Jean-Louis Gasset, aujourd'hui sur le banc des Girondins de Bordeaux.

Le désormais Bordelais s'en était défendu. "Je rappelle le contexte : quand les président me demandent de prendre l’équipe, elle est 17e, sur dix matches sans victoire et a perdu 5-0 dans le derby contre l'Olympique Lyonnais à domicile, a tenu à rappeler Jean-Louis Gasset. J'ai dit aux présidents qu’il fallait renforcer l’équipe. Après, il fallait trouver des hommes. Des hommes que je connaissais, obligatoirement. Ils sont venus donner un coup de main... On a perdu deux matchs en six mois et fait une série de 13 rencontres sans défaite." Une renaissance, qu'il a ensuite fallu compenser. Le marché des transferts a vu partir Yann M'Vila et son gros salaire à l'Olympiakos cet été. Le milieu de terrain n'est pas le seul à avoir été invité à quitter l'ASSE. L'attaquant Loïs Diony a lui pris la direction d'Angers SCO. Tandis que plus récemment, les Verts ont mis un terme au contrat du gardien de but Stéphane Ruffier, après deux mises à pied.

Pourtant, l'argent rentre dans les caisses avec des plus-values records

Il fallait également faire entrer de l'argent. Les ventes des défenseurs centraux William Saliba à Arsenal et Wesley Fofana à Leicester City, en Premier League, sont allés en ce sens. Des joueurs que Jean-Louis Gasset a d'ailleurs lancé en Ligue 1. "On a fait débuter William Saliba, Wesley Fofana, Charles Abi...", avait ajouté le coach des Girondins de Bordeaux. De ces joueurs, l'AS Saint-Etienne aura tiré 70 millions d'euros. En ajoutant le transfert de Rémy Cabella au Rubin Kazan (13 millions), celle de Jorginho à Ludogorets (800 000 euros) et un chèque pour les droits TV de la Ligue Europa, l'AS Saint-Etienne avait empoché près de 100 millions lors des dernières saisons.

C'est même plus, si l'on en croit les données de l'Observatoire du football, publiées ces derniers jours. En effet, l'ASSE, sur le marché des transferts, est le 6e club européen en termes de plus-value lors des dix derniers mercato, derrière le LOSC, l'AS Monaco, l'Olympique Lyonnais, la Sampdoria et l'Atalanta. Sainté a fait entrer dans ses caisses 113 millions d'euros durant cette période, mercato hivernal et estival compris. Pourtant, la situation économique est toujours compliquée à l'ASSE. Daniel Riolo, consultant pour RMC, expliquait il y a quelques semaines que le club de Bernard Caïazzo et Roland Romeyer était "pas loin du précipice", au même titre que plusieurs clubs de Ligue 1.

L'AS Saint-Etienne bientôt vendue ?

"Le football est en perte de vitesse et la situation est vraiment préoccupante, avait expliqué Daniel Riolo, sur RMC. Il se dit que plusieurs clubs sont dans une situation catastrophique. C’est-à-dire à peine capable de finir la saison. Dans ces clubs-là il y en a trois qui sont des clubs importants de notre football. L’OM, l'ASSE, Bordeaux… des clubs qui ne sont pas loin du précipice, qui se disent on ne pourra payer que la moitié des salaires et faire des économies drastiques pour survivre. On en est là." Un constat terrifiant, dû notamment à la pandémie de Covid-19 et les pertes financières qui y sont liées : huis-clos, fiasco de Mediapro avec les droits de diffusion des championnats de France de Ligue 1 et de Ligue 2... Et de l'argent qui, au lieu de servir au transfert, va devoir être réinjecté pour compenser les pertes et assurer la bonne santé financière du club pour la saison prochaine. À l'ASSE, malgré ces 113 millions d'euros de plus-value sur les transferts depuis 2016, la situation est calamiteuse et avec elle viennent les flots du rumeurs sur une possible prochaine vente du club.

Surtout, l'équipe de Claude Puel va devoir à tout prix éviter une relégation. Les Foréziens ont, pour cela, bien été obligés de recruter au mercato d'hiver. Le défenseur central Pape Abou Cissé a fait son arrivée de l'Olympiakos, tandis qu'un buteur, Anthony Modeste, est arrivée à la dernière minute en prêt du FC Köln, en Bundesliga. De quoi tenter de donner un coup de fouet au secteur offensif forézien, en mal de buts depuis le début du championnat de France. Mais l'ASSE relève peu à peu la tête sportivement. Bien que 15e, les Verts possèdent maintenant sept points d'avance sur le barragiste, le FC Nantes, et onze unités sur le premier relégable, le Dijon FCO. La victoire contre le FC Metz de Frédéric Antonetti, dimanche (1-0) sur sa pelouse de Geoffroy-Guichard à l'occasion de la 24e journée de Ligue 1, pourrait être le début du renouveau stéphanois.