OM : Eyraud ne fait pas grand-chose pour calmer les tensions

OM : Eyraud ne fait pas grand-chose pour calmer les tensions Publié par Matthieu le 01 février 2021 à 11:20

L'OM vit une véritable crise en ce début d'année 2021. Outre les résultats sportifs tout simplement mauvais au cours des dernières semaines, le problème est interne, après le coup de force de certains supporters marseillais samedi à la Commanderie, entraînant des incidents, des dégradations et le report du match Olympique de Marseille - Stade Rennais, prévu samedi soir au Vélodrome. C'est la personne de Jacques-Henri Eyraud, président du club, qui cristallise les tensions ces derniers temps. Et ses dernières sorties de vont pas arranger la situation.

À l'OM, l'état-major ne comprend rien de la colère des supporters

Certains actes commis samedi au centre d'entraînement de l'OM sont inacceptables. Les dégradations et violences notamment. Mais la colère des supporters est compréhensible. Les Marseillais, dans leur majorité, sont excédés de la mauvaise image donné de leur club par la direction olympienne, Frank McCourt et Jacques-Henri Eyraud en tête. Les différentes sorties du président de l'OM montrent un gouffre entre la culture du club et de la ville prônée par les supporters et celle, d'entreprise, appuyée par la direction. Les fans marseillais et les Ultras ne veulent pas leur OM devenir un "club Mickey" tourné vers le business et vidée de sa substance. Ainsi, des banderoles avaient fleuri, dans un langage non moins printanier, dans tout Marseille dès samedi matin, demandant le départ de Jacques-Henri Eyraud.

Des "voyous", une "horde sauvage" : l'apaisement viendra plus tard...

La direction de l'OM n'a visiblement pas compris ce mouvement de colère, ou préfère appliquer une stratégie de diabolisation de ses plus fervents supporters. Dès samedi soir, après les incidents de la Commanderie dans l'après-midi, où ont eu lieu des dégradations, le président de l'OM avait réagi avec virulence : "On ne s’attendait vraiment pas à voir cette horde sauvage arriver et tout détruire. Je crois qu’on a évité le pire, j’ai vu toutes les images de vidéosurveillance, je peux vous dire que ce que j’ai vu fait peur, fait très peur. Je pense qu’un drame aurait pu se produire cet après-midi à la Commanderie."

Son patron, Frank McCourt, avait lui fait un parallèle douteux avec l'invasion du Capitole aux Etats-Unis il y a quelques jours, en parlant de "groupuscules de voyous" pour qualifier ceux présents au centre d'entraînement samedi. "Ce qui s’est passé il y a quelques semaines à Washington DC et ce qui s’est passé hier à Marseille suivent une logique comparable : quelques sources alimentent un brasier fait d’opinions, d’invectives et de menaces qui sont amplifiées par les réseaux sociaux créant les conditions qui mènent à la violence et au chaos", avait réagi le propriétaire de l'Olympique de Marseille dans un communiqué.

Eyraud en rajoute une couche et joue avec le feu

Pompier pyromane, Jacques-Henri Eyraud en a rajouté une couche sur l'antenne de Téléfoot dimanche soir. Il a même employé un mot presque tabou quand on parle de l'OM en tant que "Marseillais". Prouvant par là-même l'un des points des supporters, qui vouent une haine au "parisianisme" de leur président et de sa vision du club. "Le communiqué de Frank (McCourt) est sans équivoque. Deux visions s’affrontent. La vision qu’on relaie et celle des supporters sur les réseaux sociaux. Une vision de l'OM qu’on connaît, qui a gagné des titres, mais qui est l’OM du chaos, de vingt entraîneurs en vingt ans, des magouilles, de la chronique judiciaires, des affaires… Et une autre vision de l'OM, qu’on a essayé de développer. Un OM transparent, ouvert, mais qui ne peut accepter de déviance comme ce qu’il s’est passé hier (samedi)." De nouveaux propos qui viennent jeter de l'huile sur le feu alors que la situation est plus que critique. Car si les actes de certains supporters sont inexcusables, on peut comprendre que les supporters, "dépossédés" de ce qu'ils ont de plus cher, "se radicalisent", sans pour autant cautionner les débordements.

Un plan Leproux appliqué à l'OM, objectif de l'état-major ?

Dans son communiqué, Frank McCourt a été assez clair sur ses objectifs communs avec Jacques-Henri Eyraud. Et ce que les incidents de samedi vont leur permettre de faire. "Avec le président Jacques-Henri Eyraud, nous menons une politique d’assainissement et de redressement du club. Ce déferlement de violence me conduit plus que jamais à réaffirmer ma volonté et mon engagement pour l'OM et les Marseillais. Ces forces obscures souhaitent réduire à néant le travail accompli, elles ne font que nous renforcer dans la conduite de notre plan, dans le suivi de nos objectifs." Un plan qui pourrait passer par un "assainissement" des tribunes également, avec la dissolution de certaines associations de supporters, jugées trop véhémentes, bruyantes, voire dangereuses pour l'OM de McCourt et Eyraud.

Une forme de plan Leproux, du nom du président du PSG qui avait fait le ménage dans les tribunes du Parc des Princes à l'été 2010. Mais à l'OM, la résistance sera forte, peut-être même trop forte pour les deux hommes qui cristallisent les tensions, JHE en tête. "Il bafoue l’entité OM, a commenté René Malleville, supporter de la première heure, sur RMC. Bernard Tapie est au panthéon de l'OM, au-delà des meilleurs joueurs comme Skoblar et Papin et Eyraud le bafoue en parlant des affaires. Quand il est arrivé, il prenait lui-même la Coupe d’Europe gagnée par Tapie en la montrant aux joueurs. C’est un hypocrite et on n’en veut plus. S’il reste, c’est la honte pour lui. Plus personne ne veut de lui à Marseille. S’il s’en va, beaucoup de choses vont se calmer. S’il reste, qu’ils s’attendent encore à des mouvements. Je ne dis pas avec la même violence. On ne veut plus de Jacques-Henri Eyraud à la tête du club." L'Olympique de Marseille, dont les performances en Ligue 1 ont été la goutte d'eau de trop pour les supporters, semble plonger dans une crise profonde et la direction ne donne pas le sentiment de vouloir jouer la carte de l'apaisement, mais plutôt de la confrontation. À Marseille, c'est un jeu très dangereux.



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