Autriche-Turquie : Arda Güler, le crack contesté dans son pays

L’Autriche affronte la Turquie ce mardi dans le cadre du dernier huitième de finale de l’Euro 2024. Un duel entre deux belles équipes de la phase de groupes avec des Autrichiens qui ont fini 1ᵉʳ et des Turcs qui ont fini 2ᵉ avec leur pépite Arda Guler. Cependant, après quelques incidents, la gestion du joueur du Real Madrid soulève des questions.

Arda Guler écarté du groupe à l’entrainement

Auteur d’un but spectaculaire lors du premier de la Turquie, Arda Güler, phénomène de 19 ans, a démarré fort à l’Euro 2024. Il avait été élu homme du match par l’UEFA. Pourtant, il a débuté le match suivant, face au Portugal, sur le banc. « Risque de blessure. Il ne pouvait pas jouer plus de vingt minutes sans accroître le risque », a expliqué son sélectionneur Vicenzo Montella. Cette justification n’avait guère convaincu les médias et les supporters puisque au lendemain de la défaite face aux Portugais (0-3), une scène filmée a suscité la polémique à l’entraînement. Sur la vidéo, on peut voir Montella prendre une chasuble des mains de Güler qui s’apprêtait à l’enfiler, et la donner à Yusuf Yazici. Le Madrilène a ensuite été invité à s’entraîner à part, loin des exercices collectifs.

Face à ce scandale, la Fédération turque a répondu par un communiqué. À en croire leurs dires, Güler souffrait d’une « douleur à l’aine » et « un protocole a été mis en place » pour éviter une blessure. « Dans les vidéos diffusées, l’atelier ne correspondait pas à ce cadre », a précisé la Fédération. Et de conclure : « Nos supporters, dont le cœur bat pour l’équipe nationale, ne doivent pas se fier à des contenus biaisés. Nous tenons à vous rappeler qu’il ne faut pas faire confiance aux réseaux sociaux. » Ainsi à l’approche du match contre l’Autriche, la gestion par le sélectionneur turc Vincenzo Montella interroge. Arda Guler aura-t-il la confiance totale du coach ?

La gestion du crack turc

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S’il est encore frêle et inexpérimenté (10 sélections et 2 buts avec la Turquie), Arda Güler se retrouve érigé en porte-drapeau du football turc par un peuple à la passion sulfureuse. À 19 ans, il est le futur et déjà un peu le présent du football turc. Les Rouge et Blanc sortent d’une période de vache maigre. Elle a été éliminée en phase de groupes lors de ses deux dernières participations, mais a réalisé un parcours mémorable jusqu’en demi-finale en 2008, où elle s’est inclinée 3-2 face à l’Allemagne au terme d’un match haletant. Sa seule apparition en phase à élimination directe a eu lieu en 2000, lorsqu’elle a atteint les quarts de finale avant d’être éliminée par le Portugal (0-2), après avoir fait ses débuts dans le tournoi quatre ans plus tôt. Le huitième de finale ce mardi (21h) face à l’Autriche est donc une immense occasion d’écrire la légende de cette nation prête à rêver. La gestion du petit prodige plane donc au-dessus de Vincenzo Montella comme une épée de Damoclès.

Depuis sa prise de fonctions comme sélectionneur de la Turquie, en septembre 2023, l’Italien doit, en plus de mener l’équipe à des résultats convaincants, faire briller l’enfant chéri du pays. Privé de Çalhanoğlu et Akaydin, suspendus, Montella devra recomposer son onze. Bardakci devrait faire son retour en défense centrale, tandis que le duo Yüksek-Ayhan sera chargé de stabiliser l’entrejeu. Devant, le trio Yildiz-Güler-Yilmaz tentera de faire oublier l’absence du maître à jouer de l’Inter Milan. Séduisante offensivement contre la Géorgie et la République Tchèque, la Turquie a montré deux visages dans cet Euro. Elle a sombré face au Portugal et avec cinq buts marqués et cinq encaissés, l’équilibre est fragile. Le jeune Güler, s’il est reconduit dans le onze de départ, devra prendre ses responsabilités pour pallier les carences de son équipe.

L’Autriche et sa bonne dynamique

Quant à leur adversaire, l’Autriche s’avance comme le favori de ce dernier 1/8ᵉ de finale. Plutôt convaincante sur ce début de tournoi, elle est arrivée en première position d’une des poules les plus difficiles de la compétition et sa dynamique était très bonne avant la compétition. La sélection de Ralf Rangnick participe à l’Euro pour la quatrième fois et la troisième consécutive. À ce jour, l’édition 2020 a été sa campagne la plus réussie. Son parcours s’était arrêté sur une défaite 2-1 après prolongation contre l’Italie, futur vainqueur, à Wembley en huitièmes de finale. Avec Rangnick, arrivé en 2022, les autrichiens ont remporté six de leurs huit matches de qualification pour l’EURO 2024, ne s’inclinant qu’une seule fois, 3-2 à domicile contre la Belgique, pour terminer deuxième du Groupe F avec 19 points, à un point des Belges.

Avec ses belles performances pendant les phases de poules, ce n’est que la deuxième fois que l’Autriche atteint les phases à élimination directe. Pour espérer graver leur nom dans les annales du football, le coach devrait reconduire l’équipe qui a battu les Pays-Bas, à l’exception de Wimmer, suspendu. Laimer devrait le remplacer sur le côté droit. Le duo Seiwald-Grillitsch sera chargé de dicter le tempo, tandis que le trio Baumgartner-SabitzerArnautović animera l’attaque.

Des duels favorables à la Turquie

La Turquie et l’Autriche se sont affrontées à huit reprises au 21e siècle, avec un bilan favorable à la Turquie (5 victoires, 1 nul, 2 défaites). Dix des onze précédentes rencontres entre les deux équipes ont eu lieu dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA ou du Championnat d’Europe de l’UEFA. La Turquie s’est imposée 2-0 à Istanbul et a fait match nul 0-0 à Vienne lors des éliminatoires de l’EURO 2012. Cependant, leur dernière rencontre en mars 2024 s’est soldée par une victoire écrasante de l’Autriche 6-1 en match amical.

L’ouverture du score de Xaver Schlager pour les Autrichiens à la quatrième minute a été annihilée par un penalty d’Hakan Çalhanoğlu à la 25ᵉ minute, mais l’Autriche a creusé l’écart après que Michael Gregoritsch a redonné l’avantage aux siens une minute avant la mi-temps. Gregoritsch a réalisé un triplé avant l’heure de jeu (48ᵉ, 59ᵉ sur penalty) et Christoph Baumgartner a porté le score à 5-1 sur penalty à 12 minutes de la fin. Le remplaçant Maximilian Entrup a eu le temps d’ajouter un sixième but à la cinquième minute du temps additionnel, son premier en sélection. Le résultat de ce dernier match pourrait peser dans les têtes.

Les compos probables

Autriche : Pentz – Posch, Danso, Lienhart, Mwene – Seiwald, Grillitsch – Laimer, Baumgartner, Sabitzer – Arnautovic

Turquie : Günok – Müldür, Demiral, Bardakci, Kadioglu – Yüksek, Ayhan – Yildiz, Güler, Yilmaz – Tosun