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- Frank McCourt veut changer les fondations économiques de l’OM
- Un complexe à 70 millions d’euros pour préparer l’avenir
- Adidas, nouveaux partenaires et revenus commerciaux au programme
- Frank McCourt ouvre la porte aux investisseurs sans céder les commandes
- La DNCG, premier juge de cette nouvelle stratégie
Une décennie après son arrivée à l’OM, voilà le grand ménage. Frank McCourt prépare une refonte profonde du club. 70 millions d’euros pour un nouveau centre d’entraînement et de formation, Adidas de retour en 2027 et des partenaires financiers à dénicher. Le propriétaire américain veut surtout cesser d’éponger systématiquement les déficits, afin de conduire progressivement le club phocéen vers un modèle économique plus autonome à l’horizon 2028.
Frank McCourt veut changer les fondations économiques de l’OM
Une décennie sous pavillon McCourt, et l’heure des comptes a sonné pour l’OM. Le club phocéen doit désormais revoir en profondeur sa manière de se financer. Dans une enquête publiée le 2 novembre, Jean-François Pérès, journaliste du Journal du Dimanche, détaille les grandes orientations que l’actionnaire américain envisage. Le cap tient en une phrase : continuer à faire grandir l’institution marseillaise tout en réduisant sa dépendance aux apports financiers de son propriétaire.
Selon le quotidien, McCourt a injecté plus de 700 millions d’euros dans le club depuis son arrivée en octobre 2016, dont 100 millions supplémentaires au cours de l’hiver précédent. Pour quel résultat ? Un déficit de 105 millions d’euros en 2025. Difficile de continuer ainsi, la méthode doit changer, et vite. Stéphane Richard hérite notamment du dossier du redressement économique, avec 2028 comme date butoir pour retrouver enfin l’équilibre.
Un complexe à 70 millions d’euros pour préparer l’avenir
Les infrastructures forment l’un des gros morceaux de cette transformation. Auprès de l’AFP, Stéphane Richard a récemment confirmé un investissement estimé à 70 millions d’euros pour bâtir un centre d’entraînement et de formation tout neuf. Il serait installé à Trets, à environ 45 minutes de Marseille, sur une superficie de 13 hectares.
À voirMercato PSG : Estêvão déjà verrouillé, la bataille est rudeQuant à l’actuelle Commanderie, elle pourrait être réaménagée pour accueillir, entre autres, la section féminine. Le confort des professionnels n’est pas la seule cible. Ce nouvel équipement doit aussi muscler la formation. Un dirigeant interrogé par le JDD résume ainsi cette orientation : « Former les talents de demain est devenu une nécessité sportive et économique ».
Le journal rappelle que les départs de Robinio Vaz et Darryl Bakola, durant l’hiver précédent, ont rapporté plus de 35 millions d’euros au club. Pour Marseille de McCourt, mieux former, c’est donc potentiellement mieux vendre ses jeunes joueurs. L’argument est sportif, certes, mais il est surtout financier, au moment où chaque euro compte vraiment.
Adidas, nouveaux partenaires et revenus commerciaux au programme
Deuxième dossier important du projet McCourt : Adidas, qui redeviendrait équipementier de l’OM en 2027. L’accord avec la marque allemande est quasiment acté et rapporterait davantage que le contrat actuel avec Puma, estimé à environ 25 millions d’euros par saison. Combien exactement ? Le montant du futur contrat n’a cependant pas été communiqué.
Ce rapprochement marque le retour d’un équipementier associé à plusieurs grandes périodes de l’histoire marseillaise, notamment celle de Bernard Tapie. Les maillots ne résument pas à eux seuls la stratégie commerciale. Le club veut aussi étoffer ses partenariats, ses activités numériques et l’exploitation de son image.
À voirMercato PSG : Abde Ezzalzouli ferme la porte à ParisD’après le JDD, sa communauté numérique approche les 30 millions de personnes, dont près des deux tiers vivent à l’étranger. La direction entend notamment produire 20 000 contenus géolocalisés chaque année. Autour du Vélodrome, un musée consacré à l’histoire olympienne figure aussi parmi les projets envisagés. Et le stade, dont l’OM est locataire exclusif jusqu’en 2041, offre un autre levier de développement.
Frank McCourt ouvre la porte aux investisseurs sans céder les commandes
Reste le virage le plus délicat, celui de la structure financière et de l’actionnariat. Frank McCourt ne veut plus boucher les trous à chaque exercice comptable. Il serait prêt à accueillir de nouveaux partenaires stratégiques capables de soutenir le développement du club, sans forcément lâcher sa position majoritaire.
Cette orientation ne signifie donc pas une mise en vente de l’institution marseillaise. À ce stade, aucun nouvel investisseur ni accord de cession de parts n’a été officiellement annoncé. Cette chasse aux partenaires ira de pair avec une gestion plus rigoureuse. Stéphane Richard, qui dirige la réorganisation, veut notamment rationaliser les dépenses et diversifier les recettes.
Un conseiller de McCourt cité par le JDD assure : « Frank ne souhaite qu’une chose, c’est remettre l’OM sur de bons rails ». La priorité de l’actionnaire a donc bougé, et ce conseiller le résume bien : il préserve ses ambitions pour Marseille, mais n’entend plus assurer seul le financement d’un modèle déficitaire.
La DNCG, premier juge de cette nouvelle stratégie
Les grandes ambitions se heurtent pourtant à un rendez-vous bien plus proche, et bien moins théorique. Le prochain passage devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), attendu au mois de décembre. Stéphane Richard et Grégory Lorenzi devront défendre la situation financière du club et tenter d’arracher une marge de manœuvre suffisante pour envisager le mercato hivernal.
À voirMercato LOSC : Lille verrouille son buteur jusqu’en 2031Les restrictions sportives et financières imposées à l’OM compliquent pour l’instant les possibilités de recrutement. Cette échéance pourrait donc donner une première indication sur les effets de la réorganisation engagée. Le contexte, lui, reste particulièrement exigeant. Marseille compte environ 49 000 abonnés, tandis que le Vélodrome accueille plus de 60 000 spectateurs en moyenne.
Le public répond présent, c’est entendu, mais ces chiffres ne suffisent pas à compenser les difficultés économiques du club. Adidas, le futur centre de formation, d’éventuels nouveaux investisseurs : ce sont des pistes de développement, pas des solutions financières immédiatement disponibles, de celles qu’on encaisse dès demain matin. Pour Frank McCourt, la deuxième décennie marseillaise devra donc rimer avec changement de modèle : investir pour l’avenir sans continuer à financer les pertes du présent.








