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Le Kop Nord était fermé, les Green Angels ont donc parlé à sa place. Samedi soir à Geoffroy-Guichard, ils ont envoyé un message très sec aux autorités du football français. Trois matchs de suspension, voilà la peine infligée par la commission de discipline de la LFP. Depuis la tribune Jean-Snella, le groupe stéphanois a riposté avec deux animations bruyantes.
ASSE : Geoffroy-Guichard privé de son Kop Nord, les Apaches prennent le relais
Le Chaudron, lui, avait l’air un peu bancal en début de soirée, comme un stade sans voix. La faute aux festivités de l’anniversaire des Magic Fans contre Nantes, qui ont coûté son Kop Nord à Geoffroy-Guichard et ses chanteurs habituels. Ils étaient tout de même 25 083 spectateurs à garnir les gradins, pendant que les Green Angels, eux, tenaient seuls la baraque depuis la tribune Jean-Snella.
Pour leur 35e année d’existence, les GA92 ont choisi de combler ce vide avec un show en deux temps. Avant le coup d’envoi, un premier tifo en noir et blanc faisait apparaître en grand le visage de Cochise, chef apache devenu depuis le symbole du groupe. Dessous, le texte ne laissait aucun doute : « Cette répression a voulu me faire pâlir, noircir mes idées, ternir mes couleurs… »
Deux tifos des Green Angels pour dénoncer la répression des supporters
Puis le décor a complètement basculé. Cochise a retrouvé toutes ses couleurs et la banderole accrochée en bas de tribune a livré enfin la suite : « … mais ces couleurs me montent à la tête et l’insoumission coule dans mes veines ! » Les Stéphanois disaient là, sans détour, leur fidélité à leurs couleurs de l’ASSE, et leur refus net des mesures répressives qui visent les groupes ultras. Après la pause, les Green Angels ont remis ça, sans changer de ton.
À voirLigue 1 : Le coup parfait de l’OM qui retrouve le Top 4Un énorme voile en forme de une de journal s’est déplié au milieu de la tribune. Le titre reprenait mot pour mot celui d’un article consacré au groupe : « ASSE – Les Green mettent de l’huile sur le feu ». Une autre inscription venait s’ajouter à cette mise en scène : « Même dissous le groupe des Green Angels allume les autorités ». Tout en bas de la tribune, une dernière phrase bouclait le message des Green Angels : « C’est toujours nos petites histoires qui font vos gros titres ! »
Un clin d’œil à l’histoire mouvementée des GA92
Cette une renvoyait à un épisode de septembre 2013, juste après le match nul (2-2) contre Bastia. Les Green Angels vivaient alors une vraie crise, avec le club autant qu’entre eux. La direction stéphanoise leur avait retiré leur tribune pour un match face aux Girondins de Bordeaux, et les membres avaient répliqué en suspendant toutes leurs activités sans date de reprise. À leurs yeux, le club ne les soutenait pas assez face aux menaces de huis clos qui pesaient sur eux.
Ce même mois de septembre 2013, le groupe avait fini par s’autodissoudre officiellement en tant qu’association, tout en continuant d’exister comme groupement de fait. Les relations avec l’ancien président Roland Romeyer s’étaient elles aussi nettement tendues, sur fond de climat déjà très électrique : les incidents du derby, les violences policières dénoncées lors d’un déplacement à Reims et les interdictions administratives de stade.
Un final spectaculaire avant le rendez-vous avec la LFP
Juste avant le but de Jakob Breum, l’animation a soudain pris un tout autre relief. Le journal géant s’est fendu en deux par le milieu et a libéré un gros craquage pyrotechnique, avec cette inscription : « Voici la une de demain ! » Dans le stade, les applaudissements sont partis tout seuls dès que le décor s’est ouvert, pour saluer l’idée et le culot.
Reste que le débat sur l’utilisation des engins pyrotechniques dans les enceintes sportives va sans doute repartir aussitôt. Les sanctions disciplinaires de la LFP s’abattent régulièrement sur les tribunes françaises, et cela donne un autre poids aux animations des GA92.
À voirMercato FC Nantes : Fabien Centonze partira même en cas de montéeÀ quelques mois de leur rendez-vous anniversaire face à Metz, les supporters stéphanois ont une fois de plus montré qu’ils comptaient faire vivre leur tribune. Venus fêter leur victoire au pied du Kop vide après le match, les joueurs de l’ASSE ont d’ailleurs pu goûter de près à l’ambiance que les Apaches entretiennent.








