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Cela fait dix ans jour pour jour qu’il a fait son arrivée à la tête de l’Olympique de Marseille. Frank McCourt n’a pourtant rien prévu pour marquer l’anniversaire de sa prise du pouvoir au club phocéen. Le propriétaire américain se tait expressément parce que l’équipe de Bruno Genesio compte deux victoires en huit matchs toutes compétitions, des résultats qui n’encouragent pas à la fête. Et le diagnostic le plus sec ne vient pas du Virage Sud mais plutôt d’un économiste dénommé Vincent Chaudel, spécialiste du sport. Pour lui, à l’OM, McCourt a raté sa décennie sur deux choix d’hommes.
« C’est l’histoire d’un rendez-vous loupé, car il y avait des moyens », résume-t-il dans Le Figaro. Ces moyens sont chiffrés à environ 800 millions d’euros depuis 2016 par l’entourage de l’américain. Pour seul résultat, une finale de Ligue Europa perdue 3-0 par le club phocéen face à l’Atlético de Madrid le 16 mai 2018 à Lyon.
Les deux erreurs de casting de Frank McCourt
Le premier choix porte le nom de Jacques-Henri Eyraud. Président dès l’automne 2016, l’homme d’affaires conduit le « Champions Project » jusqu’à son éviction, le 26 février 2021, avec Rudi Garcia sur le banc et Andoni Zubizarreta à la direction sportive. Chaudel lui reproche des erreurs sportives et une connaissance limitée du football moderne.
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Pablo Longoria arrive en juillet 2020 comme directeur sportif et hérite de la présidence le jour du départ d’Eyraud, avec la main sur le sportif comme sur les finances. Un homme de football, cette fois, à qui l’économiste impute des fautes de gestion, à commencer par des transferts coûteux et pas toujours cohérents sur le plan sportif. De Jorge Sampaoli à Roberto De Zerbi, une demi-douzaine d’entraîneurs défilent sous sa présidence sans véritable succès. Son départ à l’OM est officialisé le 23 mars 2026, après plusieurs mois à voir Medhi Benatia gagner du terrain sur les décisions sportives.
« Il n’a pas trouvé les bonnes personnes au bon moment ni au bon endroit », tranche Chaudel qui se garde cependant de ranger l’Américain aux côtés de Gérard Lopez, dont la gestion a coulé les Girondins de Bordeaux. Frank McCourt a payé mais a juste mal délégué le pouvoir à des personnes qui ne le méritaient pas.
Richard et Lorenzi, un troisième essai sans filet
Frank McCourt a présenté Stéphane Richard, ancien PDG d’Orange, comme nouveau président le 10 avril dernier. Son CV dévoile un patron d’entreprise plus qu’un homme de terrain, soit la catégorie d’Eyraud. Ce qui change cette fois, c’est l’organigramme. Longoria cumulait tout alors que Richard travaille avec Grégory Lorenzi, ancien directeur sportif du Stade Brestois installé à la tête du recrutement après les départs de Longoria et de Benatia.
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Les deux profils qui ont échoué seuls sont donc désormais associés. Le propriétaire de l’OM semble donc avoir retenu la leçon, mais ce montage a lui aussi un revers : il ne laisse plus d’alibi. Si ce duo cale à un moment donné à son tour, l’explication ne pourra plus tenir à un mauvais casting des collaborateurs. Elle visera le modèle lui-même, celui d’un club dont les pertes ont été évaluées à 105 millions d’euros sur l’exercice 2024-2025 et que la DNCG a privé de recrue cet été.
Que restera-t-il de l’ère McCourt à l’OM ?
Vincent Chaudel note un dernier point qui est plus durable que les résultats attendus par les supporters marseillais. En dix ans, ni le stade ni le centre de formation n’ont été achetés par l’homme d’affaire patron de l’Olympique de Marseille. Le Vélodrome appartient toujours à la Ville de Marseille et cela pèse directement sur ce que l’Olympique de Marseille peut offrir au « partenaire stratégique » que Frank McCourt se dit prêt à accueillir. L’américain cible une marque, Adidas en l’occurrence, une audience, des revenus commerciaux en forte hausse, mais aucun mur ne lui appartient dans la cité phocéenne pour rendre plus attrayante son offre. Un investisseur entrerait plus facilement dans une entreprise de spectacle qu’un patrimoine.
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À voirPSG : Inquiétude grandissante au Paris SG autour Joao Neves ?Le propriétaire lui-même a reconnu s’être trompé sur l’ampleur du chantier en reprenant l’un des plus grands clubs de football francophones. « Pour être honnête, je ne suis pas sûr que j’avais bien réalisé il y a dix ans l’investissement que cela représentait », a-t-il admis. Mais dimanche, à 15 heures, son équipe joue à Angers qu’elle devra battre pour récupérer les 3 points nécessaires à l’amélioration de son classement.
L’OM est 14e de Ligue 1 à 3 points du 9e rang occupé par le Stade Brestois.







