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Comme les autres nations africaines, le Maroc a quitté le Mondial 2026 hier soir après un beau parcours, battu 2-0 par l’Equipe de France en quart de finale. Encore une équipe africaine qui tient tête à un cadre européen avant de céder dans le dernier acte. Depuis le début de ce mondial, c’est le scénario qui ne cesse de se répéter il il explique quelque chose de la vraie différence entre les deux footballs.
Depuis le coup d’envoi de ce Mondial aux États-Unis, on voit s’affronter deux manières de jouer. D’un côté, un football africain qui pousse ballon au pied avec des accélérations de joueurs plein de talent et d’audace. De l’autre côté, un football européen plus ancien, bien plus posé, parfois moins inspiré mais redoutablement solide sur la durée. Match après match, c’est toujours le second qui passe et ce n’est pas parce qu’il est plus beau, mais juste parce qu’il tient.
Le même scénario, du Maroc à la Côte d’Ivoire
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La Côte d’Ivoire a elle aussi écrit une page historique en atteignant pour la première fois la phase d’élimination directe d’une Coupe du monde. Sauf qu’elle est tombée contre l’Allemagne d’abord, battue dans le temps additionnel après avoir fait jeu égal, pui face à la Norvège qui menait avant son égalisation par Amad Diallo à la 74e, avant de plier sur un but d’Erling Haaland à la 86e. Deux fois le même mal. Les Éléphants ont existé et même bousculé les norvégiens au point de pousser l’Afrique à y croire. Puis la fin de match a parlé, et ce n’est jamais eux qui ont eu le dernier mot.
Le Maroc a suivi la même pente hier à Boston. Hakimi et ses coéquipiers ont été solides et courageux face aux Bleus. Mais le mal africain s’est là aussi revelé avec leur incapacité de mettre Mike Maignan en danger sur la durée. Les voic punis dès que la France a haussé le ton. On pourrait rembobiner le tournoi équipe par équipe, de la Côte d’Ivoire au Cap-Vert, on retrouverait la même histoire d’équipes qui tiennent tête aux grandes nations européennes avant de lâcher au pire moment.
Deux écoles, deux logiques de formation
Cette répétition n’a rien du hasard ou une logique strictement footballistique qui autorise des coups de mou des plus grands dont peuvent profiter les petits comme le veut la magie de ce sport. Elle vient du degré de formation. En Europe, le futur professionnel est repéré très tôt, entre neuf et quatorze ans. Dès cet âge, le vrai pour le coup, on lui apprend à répéter l’effort et à gérer l’endurance. Il apprend à tenir sa place du début à la fin d’un match. Le génie n’est pas toujours au rendez-vous, mais la base est là : endurance, concentration, discipline. C’est ce qu’on enseigne dans les centres de formation européens, avant même le beau geste.
À voirMercato ASSE : C’est officiel pour Aboubaka SoumahoroEn Afrique, c’est souvent l’inverse. L’éclair de génie, le dribble, l’accélération qui casse un match peut propulser un joueur de zero à héros. C’est du talent brut, énorme, mais rarement pensé pour durer quatre-vingt-dix minutes et l’ensemble des joueurs de l’équipe souffrent généralement de la même carence.
Voilà pourquoi les sélections souffrent autant en fin de rencontre. Côte d’Ivoire, Cap-Vert, Maroc hier face à la France (0-2). À chaque fois, c’est l’expérience qui a tranché. L’habitude de maintenir la qualité de jeu sur la longueur, jusqu’à la dernière minute du match. C’est là, et pas ailleurs, que se départagent les équipes dans le football de très haut niveau.
Ce que la France a montré face au Maroc
La démonstration bleue ressemble à une leçon de méthode. Kylian Mbappé a ouvert le score peu après l’heure de jeu pour faire oublier son pénalty manqué. Ousmane Dembélé a doublé la mise six minutes plus tard. Deux buts, et ensuite ? Ensuite la France a géré la fin de la rencontre en conservant le ballon, avec patience, maîtrise du tempo, un service après-vente plus que propre jusqu’au coup de sifflet final.
Rien de spectaculaire dans le jeu, mais rien à jeter non plus. Les Bleus n’ont pas gagné parce qu’ils étaient plus talentueux que le Maroc à chaque poste. Ils l’ont fait parce qu’ils savent fermer un match et profiter de la moindre occasion pour prendre de l’avance puis de sécuriser leur succès.
À voirMercato : Décision prise, le Stade Rennais recale un solide défenseurC’est aussi ça, une équipe rodée. Elle est capable de s’adapter à tout, à une formation qui casse le rythme de type le Paraguay, à une formation qui aime le ballon comme le Maroc. Un caméléon qui change de couleur selon l’adversaire. Les autres nations sont prévenues.
Ce qui doit changer pour voir enfin des nations africaines en finale
Le chantier est clair pour les sélections de football africaines. Ces nations doivent muscler leur travail sur la durée d’un match. Mieux gérer les quatre-vingt-dix minutes tout en répétant l’effort de la première à la dernière seconde, mais aussi à doser la débauche d’énergie en même temps que garder la tête froide quand la fatigue arrive, sans oublier de convertir les rares occasions face à plus expérimenté que soi. Le talent, elles l’ont déjà. C’est la gestion du temps qui manque.
Tant que ce travail ne sera pas au cœur des centres de formation du continent, on continuera d’admirer de beaux parcours, de belles campagnes, sans jamais voir une sélection africaine en finale de Coupe du monde. Il faut le dire aussi à la décharge de ces équipes : le football européen a des décennies de structuration, d’infrastructures et de culture de la gagne d’avance. On ne comble pas ça en un tournoi. Mais on peut commencer par la base. Et la base, ici, ça s’appelle durer.

