Turquie : Fenerbahçe fête ces 119 ans

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Créé dans le secret et l’interdit en 1907, 119 ans plus tard, Fenerbahçe fait désormais rayonner la Turquie sur la scène européenne en incarnant la volonté et la passion de tout un peuple, présent sur la planète entière. Retour aujourd’hui sur l’histoire des Canaris d’Istanbul.

Fenerbahçe, club tombeur du mur du football interdit

À Istanbul, plus précisément à Kadıköy, on ne soutient pas seulement le Fener, on vit pour lui. Dans ce pays où le football est vu comme une seconde vie, les Canaris sont vus comme le phare qui brille sur la rive asiatique du pays. Que ce soit les rivalités, les épopées européennes ou encore les titres remportés, tout a commencé le 3 mai 1907, dans un empire où le football était interdit.

À une époque où le football est un sport seulement pratiqué par les étrangers, un groupe de jeunes, du lycée français de Saint-Joseph à Kadıköy, sort sur le terrain, avec un maillot orné de bandes jaune et bleu marine. Parmi ces jeunes, trois noms ressortent, les trois membres fondateurs : Ziya Songülen, Ayetullah Bey et Necip Ozkaner. Le club grandit dans l’illégalité la plus totale, des matchs en secret, avant de finalement intégrer la ligue d’Istanbul, à l’époque remplie de clubs étrangers. Et l’ascension du club est rapide et dominante : le club remporte le titre 3 années sur quatre entre 1912 et 1915.

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De club clandestin à club populaire

Les années qui suivirent, le football prit une place plus grande dans le cœur du peuple turc, tout en restant encore un sport très contrôlé par l’État, faisant briller des clubs comme Galatasaray, ou encore Taksim. Mais le peuple, lui, choisit lentement de se rassembler autour d’un étendard, un Fener, un phare qui illumine la ville tout entière et qui rassemble les plus démunis. Très rapidement, Fenerbahçe devient le club de la révolution pour la population, voyant en lui une manière de faire passer des messages. C’est dans ce contexte que le jour des onze ans du club, Mustafa Kemal Atatürk se rend au siège des Jaunes et Bleus, le Kuşdili Lokali de Kadıköy. Il discuta avec ses dirigeants, posa sa signature sur le livre d’or du club, avant de lui souhaiter la réussite à vie.

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De là, tout s’accélère, Fenerbahçe enchaîne les succès, et le football commence à se structurer en 1929 avec la création de la TFF. Les clubs se rencontrent depuis déjà plusieurs années et les rivalités existantes commencent à dépasser le cadre sportif, notamment avec Galatasaray, surtout après le 23 février 1934 et la bagarre générale entre les deux équipes, ayant causé le bannissement à vie de Hussamettin Böke, gardien de Fenerbahçe, ce qui a entraîné des années sans affrontements entre les deux clubs, développant encore plus la haine présente depuis un moment.

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L’Intercontinental Derby, ou la rencontre des frères ennemis

Il y a dans chaque histoire un méchant, et pour Fenerbahçe, ce méchant, c’est Galatasaray. Mais cette rivalité aurait pu ne jamais voir le jour. Dans les années 1910, la domination des deux clubs sur la ligue d’Istanbul, les clubs étrangers commencent à se plaindre, et une idée germe dans la tête des dirigeants du Fener et du Gala : fusionner et ne faire qu’un. Alors que tout était prêt et que la fusion allait avoir lieu, la guerre des Balkans met fin à cette idée. La rivalité se développe dans les années qui suivent, avec des matchs de plus en plus légendaires, comme dans les années 90 ou 2000.

Et quand on parle de match de légende justement, on en a surtout deux en tête : la finale de la coupe de Turquie 1996 et le 6 novembre 2002. En 1996, après avoir perdu à l’aller sur le score de 1-0, Fenerbahçe fait match nul chez lui au retour, subissant l’affront de voir Galatasaray soulever la coupe dans son stade. Mais la légende ne s’arrête pas là, Graham Souness, coach de Galatasaray, va aller planter le drapeau du club au milieu du stade. Ce n’est que six années plus tard que Fenerbahçe prendra sa revanche en battant son rival de toujours 6-0, dans son antre de Kadıköy.

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Après 119 ans, Fenerbahçe est toujours fidèle à ses origines. Ce n’est pas qu’un club, c’est une identité à part entière, et pour en faire partie, il faut s’y donner corps et âme.


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