FC Nantes : Vahid Halilhodžić craque et règle ses comptes

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‎Ce que Vahid Halilhodžić pensait être son dernier match sur le banc du FC Nantes s’est transformé en séquence cauchemardesque. La rencontre face à Toulouse a été définitivement arrêtée ce dimanche soir à la Beaujoire après un envahissement de terrain par des supporters cagoulés munis d’engins pyrotechniques. Ce qui a laissé le Bosnien en larmes, lui qui a tenté physiquement d’interposer son corps entre les fauteurs de troubles et la pelouse avant d’être retenu par la sécurité.

‎FC Nantes-Toulouse : La Beaujoire vire au chaos, Frappart stoppe tout

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‎Il y a des images qui marquent durablement le football français. Celle de ce dimanche soir en fait partie. Peu après la vingtième minute de jeu, des dizaines de supporters nantais ont déferlé sur la pelouse de la Beaujoire. Certains étaient cagoulés, d’autres brandissaient des engins pyrotechniques, tandis que les tribunes se noyaient dans les fumigènes et que des objets étaient lancés vers le terrain. La situation a échappé à tout contrôle avec une brutalité qui a sidéré les acteurs présents.

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‎L’arbitre centrale Stéphanie Frappart n’a pas hésité une seconde, les deux équipes ont immédiatement regagné les vestiaires sous haute protection. Une cellule de crise a été mise en place dans la foulée, réunissant la LFP, les clubs, la préfecture et les forces de l’ordre. Mais au fil des minutes, l’évidence s’imposait : le contexte sécuritaire autour du stade était trop dégradé pour envisager une reprise. La décision préfectorale d’arrêter définitivement la rencontre a claqué comme un coup de tonnerre et une image désastreuse pour le football français a fait le tour des réseaux sociaux en quelques minutes.

‎Halilhodzic court vers les cagoulés

‎C’est dans ce contexte de chaos total qu’une image est venue transcender le chaos sportif pour toucher à quelque chose de plus profond. Vahid Halilhodzic (73 ans, carrière de légende, dernier match sur le banc nantais) a couru vers les supporters envahisseurs pour tenter de les arrêter. Stoppé par les agents de sécurité qui l’ont retenu, Halilhodžić est apparu ensuite en larmes, totalement effondré, avant de se présenter en conférence de presse dans un état émotionnel que les mots peinent à décrire.

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‎Ses déclarations portent la marque d’un homme qui n’avait pas prévu de finir comme ça : « Qu’est-ce que je peux faire comme commentaire ? C’est très grave. Sportivement, le club descend. C’est une situation dramatique. C’est triste, je n’ai pas d’autres mots. Je sais ce que signifie l’interruption d’un match. Ça veut dire des sanctions demain. C’était mon dernier match, je l’avais préparé et travaillé. Je voulais une victoire pour notre honneur, notre orgueil et terminer sur une note positive. » Puis Halilhodžić a relaté ce moment où il a failli franchir la ligne lui-même : « Je suis allé vers les hommes cagoulés. J’ai essayé de les stopper, mais le gars de la sécurité m’a dit que je ne pouvais pas. »

‎La fracture entre les supporters et Kita, nommée enfin

‎Ce qui rend la conférence de presse de Halilhodzic particulièrement marquante, c’est qu’il n’a pas esquivé la question de fond. Il a reconnu que la tension autour du FC Nantes ne datait pas de la soirée et il a osé la distinction que personne dans ce club ne faisait publiquement depuis des mois : « Ce n’est pas depuis deux mois, cette animosité et cette fracture vis-à-vis des dirigeants. Il faut faire la différence entre le club et les dirigeants. Monsieur Kita est propriétaire mais ce n’est pas Nantes. »

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‎Six mots. Une sentence. Le technicien bosnien, qui a tenu à préciser qu’il « comprend la frustration » des supporters sans jamais cautionner les débordements, a livré là sa lecture la plus lucide d’une saison qui a tout cumulé : mauvais résultats, contestation permanente autour de Waldemar Kita, relégation vécue comme une humiliation collective et gestion institutionnelle catastrophique.

‎L’image finale d’un coach qui ne méritait pas ça

« Jamais je n’ai pu imaginer qu’on allait terminer comme ça. C’est la première fois que je vis ça et ça va rester dans ma mémoire profonde », a soufflé Halilhodzic. Cette phrase dit tout. Un homme qui a entraîné des sélections nationales, dirigé des clubs aux quatre coins de l’Europe, géré des vestiaires de champions et qui finit sa carrière nantaise en larmes devant des caméras, sans victoire, sans honneur collectif, dans une Beaujoire en flammes symboliques.

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‎Le FC Nantes va désormais affronter des sanctions sportives et financières sévères de la LFP. Mais la sanction la plus lourde est déjà tombée, celle de l’image. Une image qui résume à elle seule cinq ans de gestion calamiteuse d’un club historique du football français, conduit en Ligue 2 sous les yeux d’un entraîneur qui, lui, au moins, a couru dans la bonne direction.

Kita a fabriqué ce chaos, Halilhodzic en paie le prix

Les incidents de la Beaujoire ne sont pas apparus du néant. Ils sont le produit logique d’années de défiance entre une direction impopulaire et une base de supporters qui a perdu toute confiance dans son propriétaire.

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Waldemar Kita a lui-même alimenté cette fracture jusqu’au bout (ses déclarations récentes à Eurosport sur une supposée taupe dans le staff médical en sont le dernier exemple en date). Halilhodzic arrive en fin de saison, prend le club à la gorge, essaie de le maintenir et termine en courant vers des cagoulés sur une pelouse qu’il aurait dû quitter en vainqueur.


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