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Leader de Ligue 2, l’ASSE repose sur le 4-2-2-2 de Ian Cathro pour dicter son jeu et rendre les pressings adverses inutiles. Avant le déplacement à Guingamp, Maxime Bernauer a décortiqué les principes de ce système et expliqué précisément comment les Verts parviennent à fabriquer des supériorités numériques au milieu de terrain.
ASSE : Cathro, un entraîneur qui a déjà convaincu son vestiaire
À Saint-Étienne, les points ne sont pas la seule source de satisfaction du moment. Depuis l’arrivée de Ian Cathro, le jeu collectif a changé, et les joueurs adhèrent sans réserve au projet. Maxime Bernauer, féru de questions tactiques, admire ouvertement le travail de l’entraîneur écossais. Dans un entretien accordé au Progrès, le vice-capitaine des Verts explique d’où vient cette confiance.
« Je suis en kiff sur ce qu’on fait. Pour moi, ça va être un top top top coach », confie le joueur de 28 ans. Son avis va bien au-delà des résultats obtenus depuis le début de la saison. « J’ai rarement vu un coach aussi complet, psychologiquement, humainement, tactiquement, dans la manière de réfléchir », a-t-il ajouté. Difficile de nier l’emprise de Cathro sur le fonctionnement même du groupe stéphanois.
Le 4-2-2-2, une organisation pensée pour étouffer le pressing adverse
Sous le 4-4-2 que l’on croit parfois voir sur le terrain, Ian Cathro développe une organisation bien plus subtile : le 4-2-2-2. Deux milieux défensifs se placent juste devant la défense, deux joueurs occupent les espaces intérieurs, et les solutions de passe se multiplient, ce qui crée une supériorité numérique dans l’entrejeu. Le but ? Empêcher l’adversaire de fermer assez les circuits de relance.
À voirPSG : Paris tient le meilleur latéral du monde, Luis Enrique en est sûrBernauer rapporte l’intention de son entraîneur : « Personne ne joue à quatre au milieu. En général, c’est trois. Mais lui a dit : “Je veux être tellement fort au milieu, je veux qu’on soit impossible à presser, qu’on soit toujours en supériorité.” » Cette densité force les adversaires à trancher. En avançant pour presser, ils ouvrent des espaces. En reculant, ils offrent davantage de liberté aux Stéphanois pour organiser leur jeu, et aucun des deux choix n’est confortable.
Nantes, la démonstration qui illustre le projet de Cathro
Le 1-0 contre le FC Nantes en a donné une preuve concrète, presque scolaire. Les Canaris s’étaient présentés avec la ferme idée de gêner la construction stéphanoise par un pressing haut. Leur plan n’a pas tenu longtemps face à la circulation du ballon et aux déplacements des joueurs de l’ASSE.
« Nantes était venu dans l’idée de presser, pas de faire un bloc bas. Mais au bout de quinze secondes, on a pété leur pressing », raconte Bernauer. Le défenseur reconverti au milieu décrit ensuite le revirement de l’adversaire : « Ils se sont rendu compte au bout de cinq minutes qu’ils n’allaient pas toucher un ballon. » Les Nantais ont fini par reculer. Voilà tout l’intérêt de ce dispositif rodé de Cathro : attirer la pression, trouver le joueur libre et filer rapidement vers le camp adverse.
Une équipe qui change de forme sans perdre ses repères
Autre trait du système de Cathro : il ne se fige jamais. Les positions ne sont pas gravées dans le marbre et les joueurs changent de rôle selon les espaces. Bernauer cite Jakob Breum, capable de descendre très bas pour participer à la première relance. « Contre Nantes, Jakob est redescendu presque comme un troisième 6… On tend de plus en plus vers cette mobilité des formations », explique-t-il.
Cela vaut aussi pour les phases défensives. Le joueur précise que les Stéphanois peuvent même passer en 5-4-1 quand la situation l’exige vraiment. « On a des tops joueurs de ballon comme Jakob qui vont défendre dans un 5-4-1 s’il le faut. » Reste l’équilibre collectif, qui passe toujours avant le respect rigide d’un schéma de départ.
Bernauer, un joueur qui prépare déjà l’après-carrière
Cette curiosité tactique s’explique aussi par les ambitions personnelles du vice-capitaine. À 28 ans, Bernauer ne se contente pas d’appliquer les consignes reçues. Il tient un carnet dans lequel il range les idées et les méthodes des entraîneurs qu’il a croisés. Il y a notamment noté des principes de pressing d’Eirik Horneland et des éléments de management de Philippe Montanier.
À voirOM : Virage Nord fermé, le message fort de Genesio aux supporters« Je note tout… », reconnaît-il. Le Stéphanois envisage même de poursuivre sa carrière dans le football après avoir raccroché les crampons, cette fois sur un banc de touche. « J’aimerais voir si je suis capable d’imposer ma vision à un groupe. Entre avoir une vision et la transmettre, c’est différent », a-t-il confié. Son repositionnement au milieu colle d’ailleurs à cette envie constante de comprendre le jeu
« J’ai toujours voulu être dans le contrôle du jeu, dans l’équilibre, résoudre les problèmes… Et tu peux mieux le faire au milieu », fait remarquer Bernauer. En attendant une éventuelle reconversion, Bernauer entend continuer d’apprendre sous les ordres de Cathro. Le déplacement à Guingamp, ce samedi à 20 heures, offrira à l’ASSE une nouvelle occasion de mettre en pratique les principes qui structurent son début de saison.








